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	<title>MDN Consultants &#8211; Francis Massé</title>
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	<description>Francis Massé</description>
	<lastBuildDate>Thu, 07 May 2026 18:25:35 +0000</lastBuildDate>
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		<title>Des enjeux géopolitiques complexes : quels dirigeants ? quelle administration ?</title>
		<link>https://www.mdn-consultants.eu/des-enjeux-geopolitiques-complexes-quels-dirigeants-quelle-administration/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Francis Massé]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 07 May 2026 17:43:18 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Blog]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>La campagne électorale française des présidentielles de 2027 est mal partie car la plupart des prétendants ne semblent pas, à ce stade en tout cas, vouloir revoir de fond en comble les conditions réelles d’existence des populations.  Des schémas de pensée préétablis, des préjugés et quelques idéologies (qui ne sont pas les valeurs), qui plus [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>La campagne électorale française des présidentielles de 2027 est mal partie car la plupart des prétendants ne semblent pas, à ce stade en tout cas, vouloir revoir de fond en comble les conditions réelles d’existence des populations.  Des schémas de pensée préétablis, des préjugés et quelques idéologies (qui ne sont pas les <em>valeurs</em>), qui plus est, s’exprimant dans un contexte de polarisation radicale des idées, empêchent toute controverse démocratique.</p>
<p><span id="more-6980"></span></p>
<p>Pour paraphraser Raymond Aron, c’est sur un fond d’ignorance que reposent ces faux débats prétendument démocratiques. Dans cette société obturée vis à vis d’elle-même comme à l’égard de l’extérieur, rien de performatif ne surgira.</p>
<p>Avec tout le respect que l’on doit avoir vis à vis de ces personnes qui s’engagent &#8211; car après tout, même si c’est difficile, le champ des bretteurs est ouvert aux opposants qui au lieu de critiquer peuvent toujours trouver le courage d’entrer à leur tour dans l’arène -, il est manifeste que leur combat est largement <u>anachronique</u>.</p>
<p>Ce n’est pas en effet en parlant superficiellement d’IA ou de technologie à chaque discours que l’on paraîtra pertinent ni en proximité avec ces révolutions en cours aux effets systémiques. Ce que les gens attendent, et j’emploie un mot au sens désormais saturé, ce sont des solutions.</p>
<p>Arrêtons-nous un moment sur cette notion de SOLUTION. De fait il s’agit d’élucider d’abord les besoins et les nécessités du pays et des citoyens <a href="#_ftn1" name="_ftnref1">[1]</a>. Puis de rechercher les voies et les moyens d’y parvenir en surmontant les risques de contradictions et donc en trouvant les compossibles, en discernant les politiques néguentropiques contre le chaos social qui nous menace.</p>
<p>L’art de la politique est là : se hisser au niveau du Politique. Je concède les entraves à agir de la sorte alors que tout est contre cette démarche : le mainstream, le système médiatique dominant le cortège des faux-semblants et l’attirance vers la dérision, la vanité et la manipulation. Comme l’écrivait Jacques Ellul, trois mouvements coexistent dans ce jeu suicidaire : la Négation sans issue, ce plaisir délirant de détruire ; le Mouvement sans direction, nous sommes partis à une vitesse sans cesse croissante vers nulle part ; le ressassement dans l’accélération où nous sommes saisis par ce mouvement accéléré mais avec un prodigieux mécanisme de répétition<a href="#_ftn2" name="_ftnref2">[2]</a>. L’usage des mèmes, de l’humour cruel et du <em>trolling </em>ne sont que la suite amplifiée de ces tendances mortifères.</p>
<p>Pourtant quelle est l’alternative sinon la lassitude, le désengagement, la paresse intellectuelle et, au bout, le désastre ? Assurément une <em>troisième voie</em> est à rechercher !</p>
<p>Par conséquent, et je l’ai souvent suggéré dans différentes chroniques, les SOLUTIONS sont inscrites dans les SITUATIONS que nous devons avoir préalablement étudiées avec un regard clinique. Également avec un regard positif en recherchant l’opportunité dans le problème.</p>
<p>Que ce soit en matière d’immigration sur laquelle les discours nauséabonds masquent l’inertie et le manque d’imagination, le chômage où l’on est en quelque sorte à côté de la plaque du fait d’une insuffisance de prospective, sur la nature exacte de ce que serait le travail dans le futur ; ou bien encore de la triple transition économique, écologique et sociale pour laquelle nous semblons désarmés pour en définir les modes opératoires. Enfin dans nos sujets de territoires où nous procrastinons et dans bien d’autres dossiers encore.</p>
<p><strong>Il faut mieux faire.</strong></p>
<p><em>« Il</em> <em>fallait faire mieux</em> <em>et c’était à nous qu’il incombait de rendre le monde meilleur », </em>c’est en ces termes que Jürgen Habermas définissait après la guerre <em>l’impératif politique du moment</em> lors de son premier semestre d’études philosophiques à Göttingen <a href="#_ftn3" name="_ftnref3">[3]</a>.  Car même si nous savions &#8211; mais combien d’entre nous ? – les erreurs commises aux effets dévastateurs, dans les différents domaines de la production et de l’écologie, par exemple, la prise de conscience des <em>baby-boomers</em> en position de décision n’était pas importante. Le sujet aujourd’hui n’est pas d’établir des tribunaux d’exception même médiatiques mais d’agir assez vite pour muter. Nous commettrons certainement d’autres fautes mais nous savons ce qu’il est indispensable de réparer et les grandes directions vers lesquelles il faut aller pour le faire.  Or il est assez surprenant d’observer une quasi-absence de volonté, de dessein dans les premières réflexions de nos prétendants. Il y a comme un air de renoncement dans ces attitudes. Les ambitions personnelles aussi explicables soient-elles n’ont que peu de valeur au regard de cet <em>impératif politique</em>.</p>
<p>Face aux enjeux politiques et géopolitiques complexes n’y-a-il pas besoin de leaders possédant une <em>pensée systémique</em> ? Dotés d’une façon de comprendre la réalité en abordant ses phénomènes en tant qu&rsquo;ensembles plutôt qu&rsquo;en parties séparées ? <em>Comprendre la réalité</em> signifiant ici et imposant de l’appréhender dans son devenir, sans vision statique ; bref une pensée prospective et réaliste et non de simples projections statistiques. Ce que j’affirme pour l’homme ou la femme politique, vaut également pour l’administration à l’égard de laquelle être sévère n’est pas une marque de dédain, bien au contraire.</p>
<p>Ellul a bien raison lorsqu’il souligne le ressassement, les répétitions des mêmes problèmes et des mêmes fausses solutions. Aron également sur l’incompétence : il n’y a qu’à voir le retard inconséquent de la modernisation de la gestion des personnels dans la Fonction publique, l’insondable abime de la gestion des effectifs et des compétences, le curieux méli-mélo des structures administratives, la dualité déséquilibrée centralisme/décentralisation, les dogmes du cadre budgétaire, l’incroyable <em>silence politique</em> sur la réforme de l’État <a href="#_ftn4" name="_ftnref4">[4]</a>, la gouvernance par les nombres <a href="#_ftn5" name="_ftnref5">[5]</a>, les légèretés dans l’analyse des réalités territoriales <a href="#_ftn6" name="_ftnref6">[6]</a>, etc.</p>
<p>C’est pourquoi, je parlais ci-dessus d’<u>anachronisme</u> en me référant au décalage entre le discours des prétendants accrochés au 20<sup>ème</sup> siècle alors que le 21<sup>ème</sup> est là avec de nouveaux enjeux et de nouveaux paradigmes. Peut-être de bonne foi et en toute conscience les politiques hésitent-ils à inquiéter les citoyens ; on peut peut-être le leur accorder. Mais à notre sens ce comportement est erroné car ce faisant n’augmentent-ils pas le sentiment d’insécurité de nos compatriotes ?  Ne vaut-il pas mieux au contraire tracer un chemin fondé sur des vérités, voire même formuler des hypothèses ou écrire des scénarios crédibles audacieux ?</p>
<p>Mais la tâche est rude pour ces politiques car ils sont souvent tenus de demeurer telle l’analogie de ‘la caverne’ de Platon dans le monde des représentations plutôt que de s’ancrer dans la réalité.</p>
<p>Ce monde des (fausses) représentations, les médias mainstream l’alimentent. Déformés qu’ils sont parfois par les contraintes de leur modèle économique, par la culture parfois insuffisante de leurs journalistes, ou par les guerres informationnelles.  Voire par l’impératif du taux d’audience, pensant à tort mais aussi parfois à raison, que le succès de l’audimat serait proche de zéro. (Ceci sans parler ici de la contrainte d’orientation politique imposée par certains magnats de la presse, au risque de d’écarter délibérément des journalistes de compétence acquise et reconnue). Il est indispensable de mettre fin à cette propension à l’approximation qui nous fait nous contenter de quelques bribes d’informations désarticulées qui empêchent la compréhension des problèmes à traiter. Par conséquent comment contrer ces images factices de la réalité sociale au risque de n’être pas compris, ni d’ailleurs de n’être tout simplement pas interviewé ? En toute hypothèse il est presque impossible qu’un futur homme d’État puisse innover si un substrat d’informations et de connaissance du sujet n’a pas été préalablement instillé dans l’opinion. Vecteurs de la démocratie, les Médias ne doivent pas être précisément les fossoyeurs même involontaires, de la démocratie, et plus largement du Politique.</p>
<p>L’opinion publique, c’est l’autre contrainte des prétendants. Les électeurs doivent être convaincus. Mais, pour l’être, il est également nécessaire qu’ils s’efforcent au civisme, ce dernier commençant, par un intérêt manifeste à la <em>res republica.</em> Ce triptyque candidat à l’élection/médias/Citoyen est au centre de la crise démocratique que nos pays subissent aujourd’hui. C’est pourquoi en dépit des critiques souvent fondées à l’égard de nos politiques nous gardons quelque admiration pour leur courage, en tout cas à l’endroit des plus vertueux d’entre eux, ils existent.  De plus, nous exhortons nos concitoyens à s’intéresser à la chose publique et s’exprimer dans l’intérêt de leurs enfants et petits-enfants, et du pays dans lequel ils vivent. Le potentiel est là, à constater le dynamisme de la vie associative (1,5 millions d’associations en France et quelque 20 millions d’adhérents), la vitalité des Think tanks (environ 53 cercles de réflexion) et le magnifique engagement de millions d’individus créatifs dans tous les secteurs de notre société. Sans oublier les diverses académies, les centres de recherche et les universités.</p>
<p><strong>En conclusion,</strong> un simple vœu : faciliter la rencontre de tous ces <em>acteurs pertinents</em> pour qu’ils puissent se connaître, se reconnaitre et collaborer dans leurs différences et leurs complémentarités et ainsi s’épauler dans l’intérêt général français et européen. La plupart de ces initiatives pertinentes et bénéfiques sont trop souvent séparées et ne cherchent pas à s’allier.</p>
<p>De fait il s’agirait de rassembler celles et ceux dont la prise de conscience est telle que leur lucidité et leur analyse de la situation les rendrait tout à fait aptes à une coopération constructive. Ne doit-on pas en ces temps d’exigence, se concilier, se reconnaître pour analyser et projeter les politiques et stratégies nécessaires. Toutefois c’est avec regret que l’on constate le plus souvent un individualisme assez prononcé chez la plupart d’entre eux. Comme si leur regard perçant et visionnaire altérait leur capacité à latéraliser leurs actions permettant ainsi de s’associer à d’autres. Il semblerait cependant que la poutre bouge. Que face à crise globale que nous traversons, l’étendue des transitions à conduire stimule l’intelligence collective, l’esprit <em>Notre Dame de Paris</em> en quelque sorte….</p>
<p><a href="#_ftnref1" name="_ftn1">[1]</a> Jacques Lévy, <em>Dire et réfléchir l’injustice ; la parole des français</em>, Fondation Jean Jaurès Éditions ,2026 ; <a href="https://metahodos.fr/2021/03/16/reequilibrer-le-developpement-de-nos-territoires/">https://metahodos.fr/2021/03/16/reequilibrer-le-developpement-de-nos-territoires/</a></p>
<p><a href="#_ftnref2" name="_ftn2">[2]</a> Jacques Ellul, <em>Trahison de l’Occident</em>, Calmann-Lévy, 1975</p>
<p><a href="#_ftnref3" name="_ftn3">[3]</a> Jürgen Habermas, <em>« Il fallait faire mieux… »</em> Entretiens avec Stefan Müller-Doohm et Roman Yos, Gallimard, 2026</p>
<p><a href="#_ftnref4" name="_ftn4">[4]</a> Francis Massé, <em>Le silence politique,</em> Ouest-Éditions, 2000</p>
<p><a href="#_ftnref5" name="_ftn5">[5]</a> Alain Supiot, <em>La gouvernance par les nombres</em>, Fayard, 2020</p>
<p><a href="#_ftnref6" name="_ftn6">[6]</a>Jacques Lévy, <a href="https://www.linkedin.com/pulse/laménagement-du-territoire-doit-laisser-la-place-à-des-jacques-lévy-fpi8e">https://www.linkedin.com/pulse/laménagement-du-territoire-doit-laisser-la-place-à-des-jacques-lévy-fpi8e</a></p>
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		<title>D’une Europe Arlequin à une Europe à l’unisson</title>
		<link>https://www.mdn-consultants.eu/dune-europe-arlequin-a-une-europe-a-lunisson/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Francis Massé]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 07 Apr 2026 07:53:58 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Blog]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Quel est le meilleur gouvernement ? Celui qui nous enseigne à nous gouverner nous-mêmes. Goethe Notre Europe aux formats imbriqués français, allemand, polonais italien, britannique, est aujourd’hui dans une extrême confusion. Des stratégies contradictoires et cachées, voire inexistantes l’on ne sait pas trop bien, la condamnent à l’impuissance. Géopolitique et géoéconomie sont en dissonance croissante [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><em>Quel est le meilleur gouvernement ? Celui qui nous enseigne à nous gouverner nous-mêmes.</em> Goethe</p>
<p><span id="more-6972"></span></p>
<p>Notre Europe aux formats imbriqués français, allemand, polonais italien, britannique, est aujourd’hui dans une extrême confusion. Des stratégies contradictoires et cachées, voire inexistantes l’on ne sait pas trop bien, la condamnent à l’impuissance. Géopolitique et géoéconomie sont en dissonance croissante car notamment le partenariat public/privé est faible et en outre l’Europe du marché unique ainsi que les filières industrielles sont fragmentées.</p>
<p>Insistons sur la mise en œuvre d’une démocratie plus grande. Poussons le destin à nous confier des leaders inspirés tels les empereurs romains hispaniques comme Trajan et Hadrien.  Rêvons d’un Mirabeau au Parlement européen, qui transformerait le Parlement européen en Assemblée constituante. D’un Goethe européen qui donnerait une âme à notre Europe ou alors d’un De Gaulle qui entraînerait le conseil de l’Union européenne vers un aggiornamento. À moins qu’un Mario Draghi ne réussisse à faire en sorte que la Commission européenne change la donne et gouverne autrement ! Qu’importe les acteurs pertinents qui oseront renverser la table mais les peuples européens sont impatients et souhaitent sortir du <em>silence politique</em> actuel de nos dirigeants actuels, sans idéal, ni ambition, ni exigence, dépourvus de moyens d’action dont apparemment ils ne savent pas se pourvoir, les confinent insidieusement <a href="#_ftn1" name="_ftnref1">[1]</a>.</p>
<p>Il est temps de sortir par le haut de nos contradictions effrayantes et parfois inénarrables, voire stériles. Il est temps de réfléchir de nouveau à ce que représente notre Europe. Ce que disaient il y a plus de vingt ans Jacques Derrida et Régis Debray sonnait déjà comme un avertissement : une véritable réflexion pour avoir prise sur notre destin collectif <a href="#_ftn2" name="_ftnref2">[2]</a>.</p>
<p>Cette nouvelle chronique, se propose de susciter quelques pistes sur le terrain d’une pratique au service d’une vision.</p>
<p><u>Quelques dossiers structurants et emblématiques.</u></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong>1- Le Mercosur. </strong></p>
<p>La France se trompe dans cette affaire par manque de pragmatisme collectif au niveau européen mais encore d’anticipation au niveau français. L’objectif d’une coopération économique avec d’autres zones géographiques dans le monde dans le prisme de l’OMC n’est pas infondé. Car il permet progressivement d’augmenter la pertinence et le niveau de qualité des normes commerciales économiques, fiscales et financières, sociales, environnementales et sanitaires, qui sont déjà sur la table, ce, au prix certes de compromis temporaires. Accommodements susceptibles d’être compensés au cas par cas par des mesures adaptées et efficaces permettant d’accompagner les secteurs concernés afin qu’ils puissent relever les défis de la concurrence. Cette dernière étant appréhendée comme stimulante et force de créativité et non comme une doxa.</p>
<p>Quelle est l’alternative ? Un repli sur soi, une fermeture aux innovations et marchés futurs. Une incompréhension de nos partenaires européens et de la défiance ? Bien sûr que non !</p>
<p>En fait nous ne sommes pas assez porteurs d’un sens réaliste de la <em>vraie</em> souveraineté. Le principe de souveraineté &#8211; <em>la compétence de la compétence</em>, selon Georg Jellinek &#8211; désigne la capacité exclusive d’un État à déterminer l’étendue de son propre ordre juridique sans dépendre d’autres autorités. C’est-à-dire un État, un peuple, capable de déterminer pour lui-même l’existence de sa propre compétence nationale), mais qui ne doit pas s’exonérer d’une coopération approfondie et intelligente avec les pays européens, visant ou pas une souveraineté européenne limitée. A l’heure des États-Continents nous ne pouvons pas nous exonérer de ce <em>multiplicateur de puissance</em> que représente l’Europe. A cette fin, nos élites et nos gouvernants doivent mieux comprendre et anticiper les risques d’influence ou d’ingérence, savoir se sécuriser sans être protectionniste, avoir une démarche active et offensive, c’est-à-dire une stratégie d’influence <a href="#_ftn3" name="_ftnref3">[3]</a>. A condition, comme le répète à juste titre Nicolas Ravailhe &#8211;   pour ce qui concerne notre pays &#8211; de se mettre en situation de chercher à gagner des points, à atteindre une cible à partir d’un projet préétabli plutôt que de se contenter d’avoir raison <a href="#_ftn4" name="_ftnref4">[4]</a>.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong>2- Simplification et dérégulation : le mot et la chose &#8211; l’esprit et la pratique </strong></p>
<p><strong> </strong>Nous entrons là dans un domaine qui concerne la gouvernance et le management des entreprises comme des États. Le désordre bureaucratique s’empare des organisations publiques ou privées qui sont de fait mal gérées.</p>
<p>L’exemple du dossier de la voiture électrique et le jeu du est manifeste d’un jeu de Yo-Yo incompréhensible. La puissance économique et commerciale européenne ne saurait être gouvernée au gré des seules modes et influences. Même si le lobbying <em>sent le soufre</em>, victime d’abus réels, il ne faut pas l’abolir pour autant car il est inhérent à la démocratie et à la liberté des acteurs économiques. Sans doute, en revanche la gouvernabilité de l’Union européenne comme des États-Membres, doit-elle se renforcer grâce au renforcement dans leurs instances respectives d’un véritable écosystème de la connaissance. Il est indispensable à la fois de mieux appréhender les réalités complexes avant la décision, et cette dernière se doit d’être mieux concertée afin de mettre en place des calendriers réalistes. L’épisode de la voiture électrique est à cet égard éclairant.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong>3- Le financement du futur </strong></p>
<p>Ballotée selon les pays, entre endettement et remboursement des emprunts, déficits budgétaires, effort de défense et de sécurité, transition écologique et plans de dépollution, réindustrialisation et infrastructures, rénovation urbaine et logement, agriculture raisonnée et santé, Éducation et formation, l’Europe fait face à des défis majeurs de financement. Eux-mêmes corrélés à des lacunes dans la gestion des projets et des chantiers, voire à un nombre insuffisant d’entrepreneurs &#8211; en certains domaines il s’entend, dont ceux de la métallurgie et du BTP &#8211; et à un affaissement de l’esprit d’entreprise. Il est vrai que cette bataille économique et cette concurrence parfois forcenée à l’intérieur du <em>marché unique</em> s’inscrivent dans un contexte divergences politiques croissantes entre puissances européennes.</p>
<p>Dans un tel contexte, l’innovation financière au service de l’économie réelle doit être au premier plan. Tous les moyens sont là : rénovation du marché financier, marché unique des capitaux, Eurobonds, emprunt européen, dette commune européenne en alternative au dollar mais en réduction de la dette publique française.  Cependant un maître mot doit être cité : c’est celui de CONFIANCE. Cette confiance entre pays européens implique à la fois un effort mutuel de compréhension et de prise en compte des contraintes de chacun, ainsi que des changements effectifs de comportement et de doctrine dans certains pays, <u>dont le nôtre.</u></p>
<p>Pour répondre à ces attentes et relever ces défis, être à la hauteur des enjeux, une gouvernance affaiblie par un manque certain d’ingénierie collective doit être corrigée au plus vite ,ceci en retrouvant une capacité de production conceptuelle et une position de force dans l’esprit de concrétisation, dans la culture du résultat.</p>
<p>Il convient également de mettre fin à notre niveau insuffisant de compréhension, de capacité cognitive, et à une émotivité tangible et dangereuse des dirigeants par rapport à des Médias eux-mêmes incapables de s’empêcher de nous instruire.</p>
<p><strong>Conclusion : un état d’esprit à reconstruire sur le plan socio-économique </strong></p>
<p>&nbsp;</p>
<p>De même que personne n’a le <em>monopole du cœur</em> quiconque peut posséder l’esprit d’entreprendre. Il existe des entreprenants en toute chose et dans tous les domaines, tous les métiers ou les tous secteurs économiques.</p>
<p>La figure emblématique demeure le créateur d’entreprise, le chef d’entreprise ou le manager stratège, plus que le gestionnaire. Et il est juste de souligner que des entreprenants existent partout dans les secteurs associatifs, dans le secteur public et parapublic, comme dans les entreprises de toute taille.</p>
<p>Il nous faut rendre hommage à ces personnes qui favorisent &#8211; et sont le plus souvent à l’origine &#8211; d’une création de valeur sans laquelle notre pays déclinerait. Du reste, c’est parce que nous manquons de ce type d’acteurs que la France frôle une pente déclinante.</p>
<p>L’objectif ici n’est pas de faire sombrer le lecteur dans une humeur pessimiste. Il est de contribuer au contraire à renforcer son désir parfois latent de participer au sursaut.</p>
<p>Il est difficile de comprendre que la France soit à ce point partagée entre deux états d’esprit : l’un en faveur du profit, l’autre de la rente.</p>
<p>Il nous faudra aussi définir la valeur : qu’entend-t-on par-là ? Prospérité, croissance, richesses …et pour quelle <em>société désirable</em> ?</p>
<p>Qu’y a-t-il de commun entre la vision d’un Édouard Michelin qui considérait l’argent comme du pétrole, une simple énergie, un moyen et non une fin en soi, avec les excès de la financiarisation de l’économie réelle ? Prendre aussi en considération l’analyse d’Emmanuelle Duez, qui appréhende l’<em>engagement </em>comme <em>l’or noir ; </em>juger pertinente celle de Stiglitz sur la <em>cupidité</em> qui dénonce sinon l’enrichissement sans cause, du moins l’hyper performance et les surprofits qui perturbent la cohésion interne des entreprises et le climat social sans doute, mais aussi le climat des affaires et le potentiel de coopération.</p>
<p>Qui peut prétendre qu’un management parfois nocif ne saurait nous précipiter pas exactement à l’encontre de l’accomplissement de l’artisan-collaborateur ? Ici la théorie marxiste de l’aliénation est fondée. « Artisan/collaborateur » à ce stade je ne trouve pas mieux pour nommer le travailleur qui génère par sa participation à l’entreprise collective une création de richesse. J’évite ainsi d’employer le terme de salarié pour rejoindre ici les thèmes du <em>courant constructif</em> selon lesquelles le salariat sera à terme obsolète <a href="#_ftn5" name="_ftnref5">[5]</a>.</p>
<p>Il est possible d’entrevoir deux possibilités pour transiter vers une autre organisation socioéconomique. D’une part, ce qui est déjà le cas pour partie, un écosystème de la <em>supply chain</em> où les entreprises, de la Start-up au grand groupe entreprennent d’une certaine façon de s’approcher d’une configuration sur un pied d’égalité. Une approche gagnante pour le management de l’innovation.</p>
<p>L’autre possibilité serait de développer l’<em>apport</em> <em>en industrie</em> qui représente l’apport immatériel où un associé met à la disposition de la société ses connaissances techniques, son savoir-faire, son travail, en échanges de titres spécifiques.  Le droit des affaires contient des potentiels d’innovation juridique porteurs d’adaptation aux conditions de travail du 21<sup>ème</sup> siècle. Par exemple il existe un système novateur à implanter dans la sphère du droit des affaires européen, notamment du droit des sociétés, la commandite notamment. Il en est de même dans le droit social (droit du travail et droit de la sécurité sociale) <a href="#_ftn6" name="_ftnref6">[6]</a>. Il est très utile aussi d’étudier l’organisation de la distribution des responsabilités du haut management dans la société AIRBUS AEROSREUCTURES GMBH de Hambourg.</p>
<p>En résumé, Il existe un certain nombre d’instruments à potentiel élevé qui peuvent être porteurs de développement et de croissance au sein de l’écosystème économique et social européen qui peuvent servir un dessein européen. De même en est-il possible dans la gouvernance publique. Sortons des slogans superficiels et des oppositions de façade entre public et privé et recherchons l’efficience pour une nouvelle prospérité européenne.</p>
<p><a href="#_ftnref1" name="_ftn1">[1]</a> Francis Massé, <em>Le silence politique</em>, Ouest-Éditions, 2000 &amp;<em>. Le citoyen, clé de l’Europe</em>, Ouest-Éditions, 2004.</p>
<p><a href="#_ftnref2" name="_ftn2">[2]</a>[2] <a href="https://youtu.be/sTGijV84ra0?si=jVGPsx9jSZpxgyA5" target="_blank" rel="noopener">https://youtu.be/sTGijV84ra0?si=jVGPsx9jSZpxgyA5</a></p>
<p><a href="#_ftnref3" name="_ftn3">[3]</a>Claude Revel.  <a href="https://www.youtube.com/watch?v=obvcbM2nETY" target="_blank" rel="noopener">https://www.youtube.com/watch?v=obvcbM2nETY</a></p>
<p><a href="#_ftnref4" name="_ftn4">[4]</a> Nicolas Ravailhe. <a href="https://www.linkedin.com/in/nicolas-ravailhe-72069b1/recent-activity/all/" target="_blank" rel="noopener">https://www.linkedin.com/in/nicolas-ravailhe-72069b1/recent-activity/all/</a></p>
<p><a href="#_ftnref5" name="_ftn5">[5]</a> <a href="https://courantconstructif.com/" target="_blank" rel="noopener">https://courantconstructif.com/</a></p>
<p><a href="#_ftnref6" name="_ftn6">[6]</a> <a href="https://www.college-de-france.fr/media/alain-supiot/UPL2446193606379219465_Au_dela___de_l_emploi.pdf" target="_blank" rel="noopener">https://www.college-de-france.fr/media/alain-supiot/UPL2446193606379219465_Au_dela___de_l_emploi.pdf</a></p>
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		<title>Le retour du politique ? Vraiment ?</title>
		<link>https://www.mdn-consultants.eu/le-retour-du-politique-vraiment/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Francis Massé]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 13 Mar 2026 09:29:14 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Blog]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Le fou n‘est pas l’homme qui a perdu la raison, mais celui qui a perdu tout sauf la raison G.K. Chesterton Orthodoxy (1908)  À l’aune des grands personnages de notre histoire, par exemple en se référant à Louis XI ou à de Gaulle, la figure de l’homme d’État telle que nous l’avons en tête se [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><em>Le fou n‘est pas l’homme qui a perdu la raison, mais celui qui a perdu tout sauf la raison</em> G.K. Chesterton <em>Orthodoxy</em> (1908)<strong>  </strong></p>
<p><span id="more-6966"></span></p>
<p>À l’aune des grands personnages de notre histoire, par exemple en se référant à Louis XI ou à de Gaulle, la figure de l’homme d’État telle que nous l’avons en tête se fait rare à notre époque. Est-il concevable de considérer que nous assistions au « retour du Politique » en cette période historique où rien n’est à l’échelle de ce temps d’exigence. Si d’aventure l’image de nos dirigeants actuels devaient, à l’instar du Président des États-Unis, s’imposer comme modèles de ce retour, peut-être alors ferions-nous un contresens sur la chose.</p>
<p>Je ne pense pas que cette version dans la figuration du retour du Politique soit fondée : n’assistons-nous pas plutôt au retour de la force brute, au retour des calculateurs cyniques. Et ce à l’opposé même du <em>cerveau politique</em>, de l’acteur et penseur de premier ordre, qui est, lui, bien absent.</p>
<p>Les Churchill et autres Adenauer nous manquent cruellement ; nous n’avons plus suffisamment de visionnaires humanistes se mettant au service de la civilisation. Absorbés qu’ils sont par des préoccupations égotistes et de court terme, tentés de suivre les instincts de la foule, nos politiciens et idéologues, même les plus attentionnés, ne se trompent-ils pas de trajectoire ? Auraient-ils perdu l’imagination et le sens politique requis pour agir avec justesse dans un monde d’entropie ? Ne possèderaient-ils plus le sextant qui leur permette de naviguer plus sûrement dans cette mer hauturière houleuse et inconnue ?</p>
<p>La capacité de la personnalité de premier ordre à capter en même temps l’ensemble de cette crise totale et chacune de ses composantes semble absente, voire lacunaire ; ce qui explique la difficulté du « Gouverner ». Peut-on dès lors et sérieusement envisager un changement de nature du pilotage politique sans une transformation des comportements, des référentiels et des méthodes ? Quid des entreprenants à la place des rhéteurs ?</p>
<p>Une attitude hautaine est préjudiciable à toute aptitude à distinguer l’essentiel de l’accessoire, à conjurer les périls, à conjuguer les solutions. Il est impossible d’exiger des dirigeants de tout connaître, certes ; il est légitime néanmoins de leur demander de tout entendre et de bien s’entourer. Il est plus que tout décevant de les voir s’enfermer dans leurs fausses certitudes et leurs passions tristes. Dans l’inertie en fait.</p>
<p>Aussi faut-il plaider en faveur d’un « Gouverner autrement ». Avec trois axes d’orientation aux plans des comportements des connaissances et des méthodes.</p>
<p><strong> </strong></p>
<p><strong>1- Des comportements différents </strong></p>
<p>La polarisation des idées et leur radicalisation est de plus en plus dangereuse. Chaque instance se renferme sur elle-même : les individus, les catégories sociales, les partis politiques, les disciplines intellectuelles. Le wokisme ambiant et la <em>cancel culture</em> se développent, la science elle-même et considérée dans ses spécificités est érodée par le scientisme. La recherche scientifique nous rappelle Guiseppe Longo, c’est le dialogue difficile, entre des perspectives lointaines, c’est la collaboration entre des sujets différents avec des idées improbables, mais profondes. Pour faire de la science, il faut de la démocratie, et la science est une composante essentielle de la démocratie <a href="#_ftn1" name="_ftnref1">[1]</a>.</p>
<p>L’IA, mal comprise, émerge dans des milieux mal préparés et peu ouverts aux personnes et aux processus d’innovation. « <em>Cette situation risque de fabriquer des nouveaux lieux de confusion entre construction de sens et transmission ou traitement/élaboration de l’information. En réalité la construction du sens et des savoirs humains est encore plus radicalement contournée et la science déshumanisée, lorsque l’information est directement intégrée dans un monde considéré comme un processeur massif d’informations »<a href="#_ftn2" name="_ftnref2">[2]</a>.</em></p>
<p>Pour faciliter une <em>distinction stricte entre l’information, en tant qu’élaboration ou transmission de signes, et l’information en tant que production de sens ayant lieu dans notre friction avec le réel <a href="#_ftn3" name="_ftnref3">[3]</a></em>, l’urgence est alors de mettre en place des dispositifs en vue de développer des espaces d’écoute, de dialogue, des méthodes de controverses, des univers des médiation, d’imaginer davantage de pôles de réflexion où les frontières disciplinaires et sociales s’estompent.</p>
<p>Un branle-bas de bataille intellectuelle contre un ennemi commun, l’ignorance. Un objectif primordial : reconquérir le sens !</p>
<p>Il y faut une mobilisation générale des acteurs clés, qu’ils soient du public ou du privé : médiateurs, enseignants, journalistes, politiques entrepreneurs, responsables d’associations et autres. Pour insuffler un esprit nouveau, la solidarité, l’esprit collectif et une organisation décentralisée s’imposent. À l’opposé de toute démarche totalitaire pour penser la même chose, il s’agirait de construire un nouvel esprit critique. Heureusement on observe des tentatives, voire de vraies initiatives. Mais trop souvent nombrilistes et mal coordonnées. Naturellement ces actions immédiates seraient, selon les cas à effet à court, moyen et long terme. Ce qui exige de changer nos habitudes de pensée.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong>2- Des nouveaux référentiels pour rompre avec des habitudes de pensée </strong></p>
<p>Je ne vais pas me plaindre des cris d’orfraie, de l’ironie ou de la terrible indifférence que ce type de propositions peut susciter. Il est tellement évident que notre regard doit changer. Que tout ce qui est fait pour nous éviter de requérir cet effort indispensable est criminel. Voir et analyser les choses autrement ? Oui bien sûr et dans tous les domaines de notre vie quotidienne, dans notre vie professionnelle, dans les différentes sphères d’activités. L’école, la santé, la sécurité, l’environnement, l’économie, etc. À condition de nous débarrasser des oripeaux idéologiques qui masquent les réalités vécues.</p>
<p>Il existe de nombreuses façons d’opérer, de multiples petites choses à initier pour commencer à bouger. Ces initiatives, ces implications, ces explicitations ces démarches audacieuses autant que courageuses à modifier, réformer, revendiquer, contester, qui peuvent nous ouvrir les yeux, nous permettre de soulager notre vie quotidienne de ces petites contraintes enfermantes (bureaucratiques ou autres) qui vivent de nos égoïsmes.</p>
<p>Frénésie, démesure, accélération, encombrements divers, multitude désorganisée, algorithmes rigides, constituent autant de meurtrissures et de mépris qui pèsent lourd sur la vie de tant de gens. D’autant que s’y ajoutent des attitudes d’impolitesse et d’irrespect qui fabriquent la violence et amplifient les haines.</p>
<p>C’est pourquoi un potentiel a priori inconcevable de créativité est à notre portée pour favoriser un dialogue renouvelé par ces différents changements de regard sur les choses, les hommes et les situations.</p>
<p>Le secret est là : retrouver la finalité ailleurs que dans la procédure ou le dispositif sensé l’atteindre.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong>3- D’autres méthodes pour concilier les apparents contraires</strong></p>
<p>Alors il faut changer nos méthodes (le <em>meta odos</em> grec est ‘la Voie autre’, ‘l’autre voie renouvelée’, ‘arriver à un but par la voie la plus convenable’), faire un pas de côté. Faire en même temps des choses qui dépassent les contradictions apparentes au profit de complémentarités rédemptrices. Susciter des occurrences, créer des opportunités, jouer avec des narratifs libératoires.</p>
<p>L’art et la culture ne peuvent qu’y contribuer : le théâtre par exemple comme représentation du possible par l’attitude, le positionnement et la parole adoptée dans les mille positionnements renouvelés !</p>
<p>Chacun aura compris que la recherche de sens, les signes et la signification sont ici en cause. Avec cette volonté farouche de trouver un utile et un efficace dans chaque axe d’action qui bénéficieraient à tous et qui graviteraient au profit d’une humanité et de son harmonie. Au lieu de nous précipiter vers une guerre civile mondiale et multiforme qui, de fait, a d’ailleurs débuté.</p>
<p>En conclusion nous devons agir contre l’inertie et le désengagement. Faire l’éloge des entreprenants. Agir contre les dystopies, faire fructifier les opportunités cachées qui sont souvent portées par des personnes magnifiques qui abritent des possibilités créatives si belles alors que trop souvent les institutions les empêchent d’opérer des miracles. La seule façon d’éviter l’expansion mortifère d’une <em>gouvernance par les nombres</em> <a href="#_ftn4" name="_ftnref4">[4]</a> et de rouvrir le champ des possibles grâce au retour du <em>Politique</em>.</p>
<p><a href="#_ftnref1" name="_ftn1">[1]</a> Guiseppe Longo, <em>Le cauchemar de Prométhée- les sciences et leurs limites</em> ; PUF, 2023.</p>
<p><a href="#_ftnref2" name="_ftn2">[2]</a> Guiseppe Longo, <em>opus</em> cité</p>
<p><a href="#_ftnref3" name="_ftn3">[3]</a> <em>Ibidem </em></p>
<p><a href="#_ftnref4" name="_ftn4">[4]</a> Alain Supiot, <em>La gouvernance par les nombres</em>, Fayard, 2015</p>
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		<title>Peur, Ignorance et Connaissance</title>
		<link>https://www.mdn-consultants.eu/peur-ignorance-et-connaissance/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Francis Massé]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 10 Feb 2026 15:22:54 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Blog]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>«L’exercice de la violence peut être nécessaire : mais aux seules conditions que la violence de l’autre soit bien la sienne, et non celle que nous lui prêtons par mimétisme, et que la réaction soit à la fois purement défensive et proportionnée. Jean-Luc Tinland [1] La société vers laquelle nous allons et qui d’ailleurs est [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><em>«L’exercice de la violence peut être nécessaire : mais aux seules conditions que la violence de l’autre soit bien la sienne, et non celle que nous lui prêtons par mimétisme, et que la réaction soit à la fois purement défensive et proportionnée. <strong>Jean-Luc Tinland</strong> <a href="#_ftn1" name="_ftnref1">[1]</a></em></p>
<p><span id="more-6952"></span></p>
<p>La société vers laquelle nous allons et qui d’ailleurs est en grande partie déjà là, est sous certains aspects cauchemardesque. Il s’agit de ne pas la laisser en l&rsquo;état à nos enfants ni à nos petits enfants. Ce serait égoïste et criminel. Aussi ne pouvons-nous pas poursuivre de la sorte à dégrader notre vie quotidienne et les infrastructures qui font la société.</p>
<p>Nous sommes cernés par des peurs ; si certaines sont imaginaires et alimentées de diverses manières, les autres trouvent leurs origines dans les désordres économiques, sociaux et environnementaux, qu’ils soient recherchés, admis ou méconnus, voire ignorés.</p>
<p>La peur peut notamment s’analyser comme la perception par notre Soi alors passif, d’une menace provenant du monde extérieur. Vaincre la peur ou plus exactement la surmonter, oblige à s’ancrer dans la réalité. Signifiant ainsi que notre Soi redevenu actif, sans crainte inhibitrice et n’attendant plus rien de l’extérieur passe à l’action qui peut alors s’appeler <em>amour, recherche de la connaissance</em> voire <em>résistance</em>.</p>
<p>C’est donc trop souvent l’ignorance qui alimente nos peurs et la connaissance qui peut les réduire.  Alors que ce constat semble établi, dans le même temps notre société malmène son outil principal d’émancipation, l’école, perturbe idéologiquement l’université, l’entrave dans son autonomie, investit insuffisamment dans la recherche et méconnait les avancées, voire les succès en matière économique.</p>
<p>Autrement dit nos capacités à réduire les risques d’ignorance sont affaiblies tandis que d’autres vecteurs puissants l’accroissent. On se souvient des propos d’un ancien PDG de TF1 : « <em>Pour qu’un message publicitaire soit perçu, il faut que le cerveau du téléspectateur soit disponible. Nos émissions ont pour vocation de le rendre disponible, c’est-à-dire de le divertir, de le détendre pour le préparer entre deux messages. Ce que nous vendons à Coca Cola c’est du temps de cerveau humain disponible</em> »<a href="#_ftn1" name="_ftnref1">[2]</a>.</p>
<p>Mais quelques années auparavant lors d’un colloque à San Francisco, des experts et des hommes politiques concluaient que dans le siècle à venir deux dixièmes de l’humanité suffiraient à maintenir l’activité de l’économie mondiale. Mais comment le cinquième fortuné de la population pourrait-il occuper le reste ? « <em>Tittytainment</em> » aurait répondu Zbigniew Brezinski pour faire un effet de séance <a href="#_ftn2" name="_ftnref2">[3]</a>. Que diraient-ils aujourd’hui avec l’irruption de la robotique et des formes en continuelle avancée de l’IA ?</p>
<p>Car tout se déchaine. L’IA arrive et sans qu’il n’y ait aucune corrélation évidente, la perte d’engagement fait de plus en plus de dégâts dans les entreprises et les services publics. Les GAFAM, Tik Tok et les réseaux sociaux règnent !</p>
<p>Selon Emmanuelle Duez la crise de l’engagement &#8211; qu’elle nomme « l’or noir » des organisations &#8211; a une cause multifactorielle et c’est un véritable tabou. En effet dans le monde du travail le taux d‘absentéisme a connu une hausse de 41% entre 2019 et 2023. En moyenne on peut observer que les salariés engagés ne représentent désormais que 7% contre 47% de non engagés (dans les années 1960 la moitié des salariés et employés étaient syndiqués). Toutes les mesures effectuées montrent que le rapport subjectif au travail se dégrade (santé mentale, détresses absentéisme long).</p>
<p>En termes de coût économique ce coût du désengagement s’élève à 14840 €/an/salarié soit un coût total de 120 Md €/an en France. Par ailleurs le coût du présentéisme s’élève à 13/24 Md €/an et représente au niveau mondial 9%du PIB. Si l’on ajoute le fait que la productivité horaire en baisse de 5% sur la période 2019/2023, nous faisons face à un véritable problème.</p>
<p>Le rapport émotionnel au travail en France (qui devenir ? qui on est ? Quelle espérance en termes de mobilité sociale ?) est passable. La rémunération du travail baisse, l’investissement y est moindre au regard de la vie personnelle, la reconnaissance du travail s’affaiblit, la qualité de la vie au travail se dégrade.</p>
<p>En résumé l’on passerait d’une g<span style="text-decoration: underline;">uerre des talents</span> à une <span style="text-decoration: underline;">guerre de l’engagement</span> mettant en valeur un conflit entre le travail et la vie.D’ailleurs, 58% des managers seraient en stress ; 33% des actifs se déclarent en Burn out dont 12% en Burn out sévère.  53% des Français sont en souffrance physique tandis que 40% des français redoutent les conséquences négatives de l’IA (augmentés ou remplacés ?). Quid du travail en tant que pacte social collectif, en tant que promesse d’émancipation.</p>
<p>Cette dystopie semble exponentielle. Une partie croissante de la population tant jeune qu’adulte et professionnalisée est – et se ressent &#8211; comme prise au piège de l’ignorance, de l’impuissance et de la passivité. Et ce tant notamment qu’une part importante de nos élites économiques, médiatiques, administratives et politiques ne parviendra pas à quitter une posture de dérision et de cynisme, ni à rompre avec les schémas établis, de tels propos seront vains.</p>
<p>Il ne faut surtout pas croire que nous n’en sortirons pas, ni <em>a contrario</em> s’illusionner sur la facilité et la rapidité à s’en dégager. Même si le temps pour opérer déjà manque. Car l’effort à accomplir est immense, immense !</p>
<p>En effet nous percevons bien que dans cette crise globale, systémique, exponentielle, dans cet effritement généralisé de la société, tout est à rebâtir pour édifier une nouvelle société.  Une nouvelle base sociale et culturelle est nécessaire tout comme une nouvelle comptabilité, manière de dire que « de la cave au grenier » les choses doivent être profondément rectifiées, transformées.</p>
<p>C’est la bataille à la fois culturelle, politique, économique et sociale la plus difficile, en même temps que la plus urgente. Je rejoins ici tous ceux qui veulent notamment défendre et rénover l’école, l’enseignement. Le savoir et la science. Construire des <em>organisations apprenantes</em>, apprendre à manager les connaissances. Instruire. Éduquer. Communiquer et évincer la pollution des fake news.</p>
<p>D’aucuns répondront que cette approche est trop générale, abstraite et au mieux de longue haleine. Que nenni ! Elle indique un chemin et se décline parfaitement par des premiers pas concrets.</p>
<p>Depuis des décennies par exemple certains pays Nordiques de l’Europe ont interdit la publicité, nous y revenons, orientée vers les enfants et fabriquée avec des enfants. La violence de certains adolescents, les théories du genre et leurs abus éducatifs, qui modifie le modèle identificatoire, l’excès des jeux vidéo virtualisant l’existence et désincarnant, abolissant l’inhibition et la capacité de discernement, l’impact du porno pour les mineurs (et les adultes), la tolérance masquée aux crimes pédophiles, un univers camaïeux nous enveloppe où, si l’on n’y prend garde, tout apparaît trouble, sidérant, ambigu, anomique.</p>
<p>En outre le miroir médiatique qui difforme, dénature, amplifie, diffuse et répète, crée l’addiction. Un niveau de barbarie, d’insensibilité déjà annoncé par le père Guy Gilbert, le célèbre curé des loubards, il y a déjà plusieurs années, se propage. Le mal est désormais endémique. La faiblesse du vocabulaire, le nombre de mots connus empêche l’expression qui rend davantage possible l’argument précoce constitué par l’agression physique et la violence. « <em>On a enlevé les interdits structurants remplacés par de la coercition qui infantilise</em> » <a href="#_ftn3" name="_ftnref3">[4]</a>. Qui ne voit derrière ces constats douloureux des actions immédiates à entreprendre. Il faut remettre, au centre, les finalités supérieures, les placer dans les esprits remobilisés des responsables en charge des domaines considérés, donner à ces derniers des instructions claires, les former, leur donner les moyens et leur faire confiance et les reconnaitre au lieu de les abandonner.</p>
<p>A cette échelle de gravité des problèmes, la réponse sociétale et politique n’est pas à la hauteur. De nouveau, les mesures technocratiques et quantitatives sont prises en urgence en lieu et place de décisions qualitatives dans la durée. Ce sont bel et bien ces dernières qu’il faut prendre et décentraliser les initiatives pour ce faire.</p>
<p>Cette peur et cette ignorance qui se nourrissent et s’additionnent au sein de notre société, malmenant au premier chef notre jeunesse, ne peuvent que créer un malaise intérieur qui sera inéluctablement transféré à l’extérieur<a href="#_ftn4" name="_ftnref4">[5]</a>. Les guerres extérieures se nourrissent de nos faiblesses intérieures comme la violence des enfants et des adolescents proviennent de leur mal-éducation, de la faiblesse de leur armature psycho-affective, voire celle de leur entourage.</p>
<p>Il est vrai qu’en France, particulièrement, la fracture sociale de 1995, l’insécurité ressentie et réelle, le mouvement des <em>Gilets Jaunes,</em> la crise sociale, la pandémie, les mutations industrielles, la baisse démographique, le dépeuplement de certaines régions et bien d’autres facteurs, favorisent les peurs. Le ressort se trouve dans notre capacité à identifier individuellement et collectivement les causes profondes au sein desquelles nous découvriront les solutions. C’est notre seule détermination au discernement et cette recherche de la <em>Connaissance</em> et de l’<em>Autre</em> qui nous sauveront.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>[1] Jean-Luc Tinland, VIOLENCE<em> : NON &#8211; les démocraties à l’épreuve de la liberté</em> ;  L’Harmattan, 2018<br />
[2] Patrick le Lay In Le Monde 11-12 juillet 2004<br />
[3] Le mot « <em>tittytainment </em>» combine les mots « <em>entertainment </em>» (loisirs) « <em>tit</em> » sein en argot américain cf Hans-Peter Martin et Herald Shuman, <em>Le piège de la mondialisation</em> éditions Solin (actes Sud) 1997<br />
[4] Marie Estelle Dupont, Psychologue, France info 11 juin 2025<br />
[5] Jean-Luc Tinland, <em>opus</em> cité</p>
<p>&nbsp;</p>
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		<title>Chroniques stratégiques 2026 Le retournement de l’Europe</title>
		<link>https://www.mdn-consultants.eu/chroniques-strategiques-2026-le-retournement-de-leurope/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Francis Massé]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 16 Jan 2026 11:36:17 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Blog]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>«Le vieux monde se meurt, le nouveau monde tarde à apparaître et dans ce clair-obscur surgissent les monstres ». Antonio Gramsci «Être assuré de convaincre. Mais qui et à quel moment ?» Jean Monnet Mémoires Face à cette ardente obligation pour l’Europe, d’être unie dans sa riche et bienvenue diversité, le fil directeur de cette [&#8230;]</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><em>«Le vieux monde se meurt, le nouveau monde tarde à apparaître et dans ce clair-obscur surgissent les monstres ». </em><strong>Antonio Gramsci</strong></p>
<p><em>«Être assuré de convaincre. Mais qui et à quel moment ?»</em> <strong>Jean Monnet</strong> <em>Mémoires </em></p>
<p><strong>Face à cette ardente obligation pour l’Europe, d’être unie dans sa riche et bienvenue diversité, le fil directeur de cette chronique est simplement ambitieux : rechercher les voies et moyens de l’Europe de redevenir stratège.</strong></p>
<p><span id="more-6677"></span></p>
<h3>Europe ! Europe !</h3>
<p>Il n’est pas suffisant d’appeler « <em>sœur Anne, sœur, Anne, ne vois-tu rien venir ?</em> » comme dans le compte de Perrault. Certes Barbe Bleue est là, mais il est multiforme ! D’aucuns lui prêtent des yeux bridés, d’autres lui trouvent une allure de cosaque, d’autres encore regardent sa peau basanée ou ses vêtements hors norme. Peu considèrent que Barbe Bleue est enfanté <u>aussi</u> par l’instance même qui le craint.</p>
<p>D’ailleurs, selon le psychanalyste Bruno Bettelheim le conte évoque l’infidélité de l’épouse de Barbe Bleue sans pour autant excuser la démesure de la réaction de ce dernier. Quant à l’appel répétitif à <em>sœur Anne</em> il serait emprunté à Virgile lorsque Didon confie à sa sœur Anne son amour pour Énée, alors qu’elle a promis de rester fidèle à son défunt époux.</p>
<p>En bref, notre <em>Europa</em> séduite par Zeus déguisé en taureau n’en n’a pas fini avec ses aventures énigmatiques. L’Europe tressaille face à ses successifs combats et défis. Sans doute parce qu’elle possède un destin ! Avec des racines gréco-latines et judéo-chrétiennes, des influences notamment arabes, slaves et germaniques, notre Europe incarne l’Occident. Mais c’est sa richesse même ! Et donc le fondement de sa puissance.</p>
<p>Et chacun de crier Sursaut, Sursaut, Sursaut ! Sœur Anne ne vois-tu pas le sursaut de l’Occident venir ? La situation en effet difficile dans laquelle notre Europe se trouve aujourd’hui relève largement du fait qu’elle n’a su s’empêcher d’être infidèle …à elle-même. Le sentiment de culpabilité de l’Occident, de l’Europe en fait, altère son jugement alors que de nouveaux défis s’amoncellent.</p>
<p>&#8211; L’Europe c’est d’abord et toujours la paix entre ses composantes. Il y a donc une certaine malhonnêteté intellectuelle à prétendre que le conflit ukrainien serait la preuve que l’Europe n’apporte pas la paix. Ce conflit ne vient pas d’elle. Après plusieurs guerres entre pays européens les États se sont rassemblés depuis 80 ans dans une période pacifiée permettant la construction d’un marché commun et d’un système institutionnel de compromis. Avec toutefois au moment de l’élargissement de l’Europe avec les pays de l’Est, rappelons-nous, cette ambivalence à peine voilée : la préférence pour l’OTAN…</p>
<p>&#8211; Ensuite sur le terrain extérieur, plutôt que de voir les autres en <em>ennemis</em> &#8211; ce que bien sûr ils peuvent être &#8211; l’Europe serait mieux avisée de prendre en considération les immenses opportunités qui s’ouvrent à elle et les véritables atouts dont elle se détourne.  Nonobstant la signature de nombreux accords de libre-échange qui transforment l’UE en une zone économique très ouverte, paradoxalement l’Europe se replie politiquement et stratégiquement. « <em>Les autres ne pensent pas comme nous</em> », selon la formule de Maurice Gourdault-Montagne, ils ont d’autres intérêts que les nôtres. Et nous, quels sont nos intérêts ? <a href="#_ftn1" name="_ftnref1">[1]</a>. Si l’Europe est fidèle à son héritage culturel, elle devrait rechercher ce qui lui est commun avec l’Autre et ce qui lui est distinctif, sauf à ce qu’elle réduise sa place à n’être qu’un anti-modèle de société vampirisé par une <em>idéologie consumériste </em>aujourd’hui contesté. De même l’enfermement dans le concept de <em>l’économie de guerre </em>n’est pas pertinent. Car il existe un écart considérable entre la conception prudente de la prévention « <em>si vis pacem para bellum</em> » et celle, belliqueuse, de <em>l’économie de guerre</em>. Ce qui est négatif dans celle-ci n’est pas forcément son caractère courageux mais surtout <u>la réduction de notre société à cette seule finalité</u>. Dans ses réflexions sur la révolution en Europe, l’ancien commissaire européen au commerce et à la sécurité économique Ralph Darhendorf, également auteur d’une théorie du conflit social, proposait une double réflexion : d’une part, entre société ouverte et société fermée, d’autre part, entre politique constitutionnelle et politique normale. Il nous faut y revenir. En particulier la notion d’<em>Europe sans frontières</em> demeure un mythe mobilisateur <a href="#_ftn2" name="_ftnref2">[2]</a>.</p>
<p>&#8211; Enfin, soyons conscients du fait que nous nous rendons complices des différents types de domination que nous subissons par une sorte de « connivence par inertie » comme l’a souligné Jean-François Bayard à propos du <em>New Public Management</em> de l’Université <a href="#_ftn3" name="_ftnref3">[3]</a>. Nous laissons davantage faire à la manière de <em>la servitude volontaire</em> d’Etienne de la Boétie, que nous agissons au profit de nos valeurs et de nos intérêts de citoyens libres. Nous sommes une démocratie et nous devons le demeurer !</p>
<p>Cependant, nous devons finir par admettre que les intérêts de nos nations européennes sont divergents depuis l’origine de la construction européenne ; c’est pourquoi les pères fondateurs de l’Europe ont conçu une progression méthodique. Mais comme l’écrit Jean Monnet dans ses mémoires, les institutions ont leurs limites dans ce qu’en font les hommes. Par conséquent, il nous faut sortir de la simple rhétorique, trouver les <em>points de force</em> pour agir et lever les obstacles, tous les blocages qui nous empêchent d’avancer.</p>
<p>Jean-Claude Juncker avait prévenu <em>« Je pense qu’à un moment donné en Europe, nous avons raté le moment où il fallait changer le récit européen », </em>disait-il en 2012. Quant à Kofi Annan il a dit ce qu’il en était de la qualité des dirigeants, leur force de caractère et de leurs capacités de visionnaires.</p>
<p><strong>L’Europe comme pratique politique </strong></p>
<p>L’été 1952 les différents États recherchaient la ville européenne qui pourrait être capitale de la CECA ; un soir de juillet un dialogue entre Jean Monnet et François Fontaine avait cette consistance : « <em>Nous avons quelques heures pour nous reposer et quelques mois pour réussir. Ensuite…</em> (dixit Monnet) &#8211; <em>Ensuite</em>, poursuivit Fontaine en souriant, <em>nous rencontrerons de grandes difficultés dont nous nous servirons pour avancer à nouveau. C’est bien cela, n’est-ce pas ?</em> – <em>C’est cela même. Vous avez tout compris sur l’Europe </em>(répondit Monnet) ».</p>
<p>En effet comme le souligne Jacques Ellul :<em> « Il convient de faire de la pratique la pierre de touche de la vérité et de l‘authenticité ; c’est d’après cette pratique que nous avons à apprécier et non d’après les intentions ou les paroles. La pratique : critère décisif de la vie et de la vérité » </em><a href="#_ftn4" name="_ftnref4">[4]</a><em>.</em></p>
<p>Or en cette matière le bilan doit être nuancé. Ma propre réflexion et expérience m’indique que les propos de Charles-Henri Gallois dont je ne partage pas les objectifs :<em> « Avoir réussi à confondre dans l’opinion publique un continent géographique avec une organisation politique supranationale est sans doute l’un des plus grands tours de force des partisans de cette construction » </em>sont par certains aspects imparables.<a href="#_ftn5" name="_ftnref5">[5]</a> Nous y reviendrons. Cependant, il n’y a qu’à observer aujourd’hui nos amis anglais qui semblent s’interroger sur l’avenir l’Europe et leur propre place. Mais prenons là encore notre part de responsabilité dans l’existence des facteurs qui ont été à l’origine du Brexit et plus généralement du discours anti-européen.</p>
<p>Pour quoi donc ce sentiment de perte de puissance de l’Europe, cet échec relatif de l’idée européenne ? Pourquoi faisons-nous en pratique l’inverse de cette idée européenne que nous mettons en avant ? Cet aveuglement sur des atouts réels ?</p>
<p>Quelles sont les forces, quels sont les mécanismes, quels sont les enjeux, quelles sont les stratégies, quelles sont les structures qui ont induit cette subversion ?<strong><em>  <a href="#_ftn6" name="_ftnref6">[6]</a></p>
<p></em></strong></p>
<p><strong>L’intelligence politique serait sans doute de rapprocher la géopolitique et la géoéconomie, ce qui signifie une coopétition régulée entre les pays européens. </strong></p>
<p>Renouveler le marché intérieur est l’une des clés. En particulier il serait intéressant de rapprocher les services publics y compris les services publics économiques des différents États membres et également d’intégrer l’effort de recherche scientifique et technique <a href="#_ftn7" name="_ftnref7">[7]</a>. Par ailleurs, l’Europe est trop segmentée dans ses diverses branches professionnelles, ses filières industrielles. Certes l’indispensable dualité civil-militaire a son lot de succès en matière industrielle notamment dans l’aéronautique et le spatial, mais peine à se développer dans la confiance et l’harmonie. Ce n’est pas contestable. La naïveté serait une grave faiblesse et nous observons des déambulations dans certains projets européens qui traduisent des intérêts divergents et un fonctionnement hybride des processus de décision, tantôt coopératif tantôt intégré. Mais les plus forts ne sont-ils pas ceux qui ont une stratégie déterminée ? L’heure de vérité sonne en ce moment. La guerre commerciale entre la Chine et les Etats-Unis est une autre des inconnues du début de l’année, écrivait le regretté Daniel Cohen il y a exactement 6 ans, en soulignant que : «<em>la grande rivalité qui avait opposé l’URSS et les Etats-Unis est bel et bien lancée. C’est pour y échapper que le monde a besoin de l’Europe </em>»<a href="#_ftn8" name="_ftnref8">[8]</a>.</p>
<p>Une autre clé se trouve dans la recherche solidaire d’accords de paix et de coopération de long terme et de mutuels intérêts avec les pays du monde y compris ceux du Sud global.</p>
<p>Dans le même temps il est essentiel de développer ensemble des liens plus étroits avec la Méditerranée et l’Afrique sur la base du principe d’une égalité des droits et des devoirs. C’est là notamment où l’Europe doit être fidèle à ses valeurs et pourfendre jusque dans ses propres comportements ce qui est contraire aux principes de liberté, de respect des individus et des valeurs d’humanité, ceci contre les États de grande dimension vampirisant les autonomies au détriment des principes mêmes des Conventions Internationales. Un tel dessein embrasse l’ensemble des actions à dimension culturelle et de formation. Ce qui devrait mobiliser par exemple les universités, les cités universitaires, les musées, les politiques du livre, les institutions, telles les Alliances Françaises, les instituts Goethe, les Instituto Cervantes, les centres culturels britanniques, etc. Il leur faudrait une charte, un tronc commun, pour <strong>agir européen</strong>. Il y a tant à faire en trouvant ce qui est commun et en considérant que ce qui est propre à chaque État européen fait grandir les autres.</p>
<p>L’Europe et non ce que l’on nomme trop souvent l’Occident. Car l’Europe n’est pas l’<em>Amérique</em> mais n’est pas non plus contre elle. Comme l’écrivait l’historien britannique Paul Kennedy, « <em>l’Amérique, maîtresse, de l’air, de l’espace et des mers grâce à sa technologie ne saurait dominer le monde avec seulement 400 millions l’habitants, les territoires et donc les esprits de quelque 6 milliards d’êtres humains</em> »<a href="#_ftn9" name="_ftnref9">[9]</a>. L’Europe doit défendre un monde multipolaire et la diversité des cultures ! C’est pourquoi nous ne sommes pas très inspirés avec la façon dont nous traitons le dossier du Mercosur.</p>
<p>D’un autre côté, la meilleure façon de résister aux guerres hybrides n’est-elle pas en fortifiant nos propres ressources culturelles et informationnelles et en prévenant les tentatives désormais continues de pénétration ‘politique’ par la désinformation instituée, et ce d’abord par des stratégies de communication de guerre médiatique à buts éthiques et psychologiques ? Davantage de réactions réfléchies seraient plus efficaces que des réactivités instantanées et insuffisamment adaptées.</p>
<p>De même faudrait-il mieux former nos professionnels européens non seulement à l’interculturel mais encore à la vision globale et par conséquent systémique de notre chère Europe, en les sortant de l’exclusivisme de leurs technicités respectives. Il est clair en effet que, par-delà l’impératif d’une force militaire commune, l’Europe se développera avec l’urgence d’édification de pans communs voulus dans les champs de l’industrie et les développements ciblés d’innovation. Et ce, avec le G20 et une vision multilatérale.</p>
<p>L’un des atouts principaux de notre Europe réside dans sa capacité à persévérer dans le maintien, voire le renforcement d’une culture de l’écrit en comparaison d’autres sociétés anglo-saxonnes qui ont surdéveloppé leur privilégiement de l’image devenue produit trop invasif, trop synthétique et d’impact superficiel dans l’ordre de la maîtrise des savoirs et des pratiques.</p>
<p>Mais même ce point est menacé aujourd’hui. Combattre cette menace s’impose donc urgemment. Car le numérique nord-américain tout comme <em>Tik Tok</em> semblent vouloir par tous moyens et stratégies s’imposer comme l’avatar d’une « guerre de l’opium » du 21eme siècle.</p>
<p>Nous voyons donc à travers ces quelques propos qu’il ne s’agit pas d’altérer notre discernement. Mais, forts de cette lucidité inébranlable qu’il nous faut sans cesse cultiver, de ne pas nous contenter d’une attitude défensive ô combien insuffisante, pour devenir réellement capables d’offensivité. Là où prend tout son sens l’intelligence économique et l’intelligence collective.</p>
<p>Ainsi la question d’une volonté européenne de gouvernance stratégique et de son management politique est-elle nous allons dire <em>sacrée </em>! Toutefois plus que les institutions qu’il faut sans doute aménager, la tâche la plus difficile et la plus urgente consiste à construire une pensée commune, pas unique comme l’Euro, une pensée à l’unisson.</p>
<p>La question est alors de se demander quel est en ce moment de l’Histoire le pays le mieux à même de convaincre les autres. En son temps Jean Monnet répondit que c’était la France. Ce serait peut-être l’Allemagne aujourd’hui. Ou bien les institutions européennes : le Parlement, la Commission ou le Conseil de l’Union ?</p>
<p><strong>Du simple concept au dispositif</strong></p>
<p>Il suffit de remettre les problèmes à leur place : il s’agit moins de résoudre les problèmes qui sont le plus souvent dans l’ordre de la nature que de les faire rentrer dans un ordre plus rationnel, plu humain et de les renverser pour ensuite les faire servir à la paix entre les peuples. Il nous faut contribuer à ce renversement<em> </em> <a href="#_ftn10" name="_ftnref10">[10]</a>.  J’ajouterai cette remarque sur l’étymologie du mot <em>problème </em>en grec ancien Προβλήματα (<em>problemata</em>) signifiant promontoire ; un problème est un obstacle &#8211; en l’occurrence pour la navigation maritime &#8211; que l’on contourne.</p>
<p>Rétablir la confiance entre les Européens ne se fera pas sans dissipation de la peur inavouée et non surmontée des États membres Or les autres européens sont défaitistes vis-à-vis de la France. Comment dès lors vider de leur substance les <em>a priori </em>interétatiques actuels ? C’est à nous de commencer à changer.</p>
<p>Car nous voyons bien que le nationalisme populiste qui s’engouffre aujourd’hui dans toute l’Europe, en France, en Allemagne, en Italie, en Grande-Bretagne, partout, est dangereux pour elle. Il est vrai que ses racines trouvent un terreau approprié dans l’angoisse généralisée qui gangrène les sociétés industrielles. Mais l’angoisse est un moteur et doit être considérée comme telle. Favorisons donc le surgissement d’hommes et de femmes compétents qui existent partout pour apporter leurs propositions et exposer leurs visions stratégiques.</p>
<p>Nos concurrents ou adversaires peuvent dire aujourd’hui ce que Tacite écrivait dans sa <em>Vie d’Agricola</em> : « <em>Rien ne nous a mieux servis contre des nations si puissantes que ce défaut d’union pour agir en commun ; rarement deux ou trois cités se concertent pour repousser un danger commun : aussi chacune combat seule, et toutes sont vaincues.</em> <a href="#_ftn11" name="_ftnref11">[11]</a>» . Relire aussi Sun Zhu.</p>
<p>Face au stratagèmes russes, américains et chinois, face au Sud global, le nœud gordien doit être tranché : ne pas jouer une bataille qui n’est pas la nôtre.   Notre bataille c’est la recherche systémique et systématique de notre unité en partant de la réalité, d’une part, des intérêts respectifs des différents pays européens et, d’autre part, de leurs intérêts communs.</p>
<p>L’Europe est une construction unique, un projet permanent qui vaut le coup d’être poursuivi en éradiquant la menace totalitaire. Or la disjonction entre l’imaginaire national et l‘imaginaire étatique, en est une manifestation significative, à l’aune de la triangulation entre l’intégration du monde, l’universalisation de l’État-nation et l’identitarisme, <a href="#_ftn12" name="_ftnref12">[12]</a> et du passage d’un monde d’empires à un système international d’États -nations<a href="#_ftn13" name="_ftnref13">[13]</a>.</p>
<p><strong>Le discours sur les réformes structurelles.  </strong></p>
<p>L’Europe a cru comme beaucoup de puissances à partir des années 1990 à la <em>mondialisation heureuse</em> sans voir qu’elle contribuerait à déchirer les tissus sociaux.<a href="#_ftn14" name="_ftnref14">[14]</a> De nombreux travaux et études ont démontré depuis que participer à une mondialisation laissant une place croissante à des marchés sans contrôle accroît la richesse d’un pays mais que, plus son niveau d’intégration internationale est élevé, moins les gains qu’il en tire sont faibles, et que ces gains profitent aux plus riches et accroissent les inégalités.  Il ne s’agit pas de fermer des frontières économiques mais de préserver des arrangements institutionnels et de cultiver notre capacité à instaurer des moyens de contrôle dans le cadre d’une organisation politique. Il s’agit de mobiliser concrètement des curseurs dans un contexte d’intérêts divergents et, disons-le, de montées en gamme industrielle différentes selon les pays. La France en particulier doit opérer de gros efforts pour mieux résister grâce à une production qui serait à plus forte valeur ajoutée.</p>
<p>Tout est affaire de mesure et d’action proportionnée ce que, tout particulièrement en Europe, selon Dani Rodrik, nous n’avons pas su bien pratiquer, faute d’un équilibre entre souveraineté, union économique et démocratie. Or les pays européens risquent de perdre sur ces trois plans.</p>
<p>Sur la démocratie et la souveraineté, le BREXIT fut un avertissement. Chaque nation en Europe a sa culture, son histoire et son identité. Une nation représente un symbole fort pour les peuples. L’autonomie du social vis à vis de l’État. &#8211; nous dit Jean-François Bayart &#8211; se loge au cœur même de sa relation à l’État. C’est ce que l’on nomme la <em>société civile</em> : la société dans son rapport à l’État. Cette relation de la société – disons plutôt des acteurs sociaux et des institutions sociales &#8211; peut être de l‘ordre de l’acceptation, de la résistance, de la fuite, du détournement ou du contournement, du quant-à-soi. Ceci se déroule dans l’État-nation.</p>
<p>Jusqu’ici on a peine à détecter une <em>société civile européenne</em>. Mais il y a un esprit européen et un destin de l’Europe des peuples qui peut la faire émerger à côté des nations <a href="#_ftn15" name="_ftnref15">[15]</a>.</p>
<p>Quant à l’union économique elle aura été à la fois trop dogmatique et inachevée.</p>
<p>Dogmatique parce qu’accrochée à l’idéologie néolibérale, c’est-à-dire ici à une vision de la politique de la concurrence qui n’intègre pas suffisamment les problèmes de dumping et qui n’est pas associée à une stratégie industrielle européenne consistante. Par ailleurs attachée à une représentation inconsidérée des réformes dites structurelles.</p>
<p>Inachevée car le droit social (droit de la sécurité sociale et droit du travail) est segmenté, de même la fiscalité des entreprises et des particuliers n’est pas harmonisée ; les services publics sont fragmentés. Bref une Europe des discours plus qu’une Europe réelle en ce qui concerne le marché intérieur dit unique.</p>
<p>Depuis le Traité de Rome du 25 mars 1957 instituant la communauté économique européenne, les apports de la construction européenne et désormais de l’Union européenne sont substantiels :</p>
<p>Toutefois la prise de conscience s’impose d’une nouvelle étape à accomplir, sans défaire les nations mais en accentuant progressivement tout ce qui serait un facteur d’unité institutionnelle au service d’une souveraineté européenne pour équilibrer une plus grande et indispensable intégration économique.</p>
<p>Par ailleurs l’Europe ne saurait développer des marchés dans le monde sans une armature industrielle solide, coopérative et innovative. La France en particulier devra faire une grande partie du chemin vers ses partenaires.</p>
<p>Demain la nécessité d’un retour de l’investissement public apparait indispensable même s’il est attristant que les priorités s’avèrent être celles seulement de la défense. Il sera alors pertinent d’agir de telle sorte que toute l’industrie du futur (quantique, IA, énergie, etc.) soit irriguée de ces efforts financiers.</p>
<p>Il y faudra selon l’expression de Dani Rodrik « <em>un génie institutionnel radical</em> » dans la perspective de trouver une nouvelle articulation démocratique qui puisse constituer un continuum entre les territoires, les États et les institutions européennes.</p>
<p>A cet égard, &#8211; et ce qui suit nécessitera une prochaine chronique &#8211; le Parlement Européen et le Conseil de l’Union Européenne devraient monter en puissance pour parfaire la démocratie européenne. En ce qui concerne le premier. Il serait imaginable que les députés nationaux délèguent certains de leurs collègues au Parlement européen. Pour le second la visibilité et la transparence des négociations entre États doit être accrue pour mieux responsabiliser les gouvernements nationaux sur les décisions européennes dont par ailleurs ils devront rendre compte devant leur opinons publiques respectives. Ceci ne vaut que si le principe de subsidiarité est appliqué effectivement et si le fonctionnement de la Commission, pièce maîtresse mais non première, s’adapte à cette nouvelle donne. Une telle évolution suppose que parallèlement un fédéralisme s’organise dans les différents pays tels la France pour remobiliser les énergies démocratiques et la société civile définie <em>supra</em>).</p>
<p><strong><em>Décidément il nous faut éviter que l’idée européenne ne soit réduite à un mécanisme idéologique, à un système. C’est une pratique sans illusions mais avivée par des finalités supérieures.  Forte de sa propre diversité de cultures l’Europe doit trouver aujourd’hui sa place. </em></strong></p>
<p><strong><em> </em></strong></p>
<p><a href="#_ftnref1" name="_ftn1">[1]</a> Maurice Gourdault-Montagne, <em>Les autres ne pensent pas comme nous</em>, Bouquins, 2022</p>
<p><a href="#_ftnref2" name="_ftn2">[2]</a> <a href="https://centre-jean-monnet.unistra.fr/wp-content/uploads/2023/07/Europe-sans-frontieres.pdf">https://centre-jean-monnet.unistra.fr/wp-content/uploads/2023/07/Europe-sans-frontieres.pdf</a></p>
<p><a href="#_ftnref3" name="_ftn3">[3]</a> Jean-François Bayart, <em>L’énergie de l’État – pour une sociologie historique et comparée du politique,</em> La Découverte, 2022</p>
<p><a href="#_ftnref4" name="_ftn4">[4]</a> Jacques Ellul,<em> La subversion du christianisme</em>, Seuil, 1984</p>
<p><a href="#_ftnref5" name="_ftn5">[5]</a>Charles-Henri Gallois, Les<em> illusions économiques de l’Union européenne</em>, Fauves Éditions, 2019</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><a href="#_ftnref6" name="_ftn6">[6]</a> Jacques Ellul,<em> opus </em>cité</p>
<p><a href="#_ftnref7" name="_ftn7">[7]</a> Franck Moderne avait identifié que la notion minimale de service public européen pourrait reposer sur deux considérations le service public à caractère économique, nullement lié aux notions de personne publique ou de régime exorbitant du droit commun, second lieu les principes du service public identifiés dans les droits nationaux (continuité, adaptabilité et égalité, s’appliquent normalement.  In <em>L’Europe à l’épreuve de l’intérêt général</em>, Éditions ASPE Europe,1995.</p>
<p><a href="#_ftnref8" name="_ftn8">[8]</a> L’OBS/N°2879 9/01/2020</p>
<p><a href="#_ftnref9" name="_ftn9">[9]</a> Naissance et déclin des grandes puissances, Payot, 1987.</p>
<p><a href="#_ftnref10" name="_ftn10">[10]</a> Cette réflexion vient directement des mémoires de Jean Monnet <em>opus cité.</em> D’où le titre de la présente chronique.</p>
<p><a href="#_ftnref11" name="_ftn11">[11]</a> Tacite, <em>Vie d’Agricola</em>, Librairie Garnier,1934</p>
<p><a href="#_ftnref12" name="_ftn12">[12]</a>  Pour le linguiste humaniste Jean Bernabé, l&rsquo;identitarisme est une « idéologie revendiquant pour les peuples une identité censée leur garantir une permanence à travers les siècles », fantasme fondé sur la mêmeté comme fondement de l&rsquo;identité.</p>
<p><a href="#_ftnref13" name="_ftn13">[13]</a> Jean-François Bayart, <em>L’énergie de l’État,</em> La Découverte 2022.</p>
<p><a href="#_ftnref14" name="_ftn14">[14]</a> Dani Rodrik, <em>La mondialisation sur la sellette – Plaidoyer pour une économie saine</em> ; Deboeck Supérieur, 2018.</p>
<p><a href="#_ftnref15" name="_ftn15">[15]</a> Francis Massé, <em>Le citoyen, clé de l’Europe,</em> Ouest Éditions, 2004</p>
<p>L’article <a href="https://www.mdn-consultants.eu/chroniques-strategiques-2026-le-retournement-de-leurope/">&lt;strong&gt;Chroniques stratégiques 2026&lt;/strong&gt; &lt;br/&gt;Le retournement de l’Europe</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.mdn-consultants.eu">MDN Consultants - Francis Massé</a>.</p>
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		<title>EXECUTIVE EDUCATION European Air Transport University: A 360° view #podcast</title>
		<link>https://www.mdn-consultants.eu/executive-education-european-air-transport-university-a-360-view-podcast/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Francis Massé]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 15 Jan 2026 11:58:24 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Francis Masse shares details about Executive Education in aviation management offered by the European Aviation University (UTA). He is the founder of this program. The following description of the education program is from the ENAC/UTA webpage, https://www.enac.fr/en/executive-trai&#8230;, where you can find more details about registration and modules: « In 2017, the DGAC and ENAC launched the [&#8230;]</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Francis Masse shares details about Executive Education in aviation management offered by the European Aviation University (UTA). He is the founder of this program.</strong></p>
<p>The following description of the education program is from the ENAC/UTA webpage, https://www.enac.fr/en/executive-trai&#8230;, where you can find more details about registration and modules: « In 2017, the DGAC and ENAC launched the University of Air Transport (UTA), a high-level training course for decision-makers in aeronautics and air transport. The aim of this training is to encourage the emergence of a common, systemic and cross-disciplinary vision of the field and to strengthen synergies between the various players. »</p>
<p><span id="more-6687"></span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><iframe title="YouTube video player" src="https://www.youtube.com/embed/7kIJJEu2Rpk?si=kPwQHYYrf_LcxJRu" width="800" height="450" frameborder="0" allowfullscreen="allowfullscreen"><span data-mce-type="bookmark" style="display: inline-block; width: 0px; overflow: hidden; line-height: 0;" class="mce_SELRES_start">﻿</span></iframe></p>
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		<title>2055, l’éducation nationale vers son futur</title>
		<link>https://www.mdn-consultants.eu/2055-leducation-nationale-vers-son-futur/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Francis Massé]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 06 Jan 2025 10:14:44 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Blog]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>« Janusz Korczac ne s’attarda pas en vaine explication pour ceux qui étaient venus avec sa grâce. Comment faire comprendre à ces cranes sans âme ce que laisser un enfant seul signifie ? » Wladyslaw Szlengel [1] Le Premier ministre François Bayrou a désigné Elisabeth Borne, elle-même ancienne Première ministre, comme ministre d’État, ministre de l’Education nationale, de l’Enseignement [&#8230;]</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p class="uk-text-lead"><em>« Janusz Korczac ne s’attarda pas en vaine explication pour ceux qui étaient venus avec sa grâce.<br />
Comment faire comprendre à ces cranes sans âme ce que laisser un enfant seul signifie ? »</em><br />
Wladyslaw Szlengel <a href="https://www.revuepolitique.fr/2055-leducation-nationale-vers-son-futur/#_ftn1" name="_ftnref1">[1]</a></p>
<p><strong>Le Premier ministre François Bayrou a désigné Elisabeth Borne, elle-même ancienne Première ministre, comme ministre d’État, ministre de l’Education nationale, de l’Enseignement supérieur et de la Recherche. L’enseignement supérieur et la recherche bénéficient en sus d’un ministre délégué en la personne de l’ancien président du CNES Philippe Baptiste. Le Premier ministre a notamment affirmé qu’il considérait ce domaine comme essentiel pour la nation en le plaçant en premier dans l’ordre protocolaire. Parallèlement le président de la République a annoncé la mise en place d’un haut-commissariat à l’Enfance. Quels sont en effet les enjeux ?</strong></p>
<p><span id="more-2707"></span></p>
<h3>D’abord quelques principes fondateurs à rappeler, principes eux-mêmes ouverts à la discussion</h3>
<ul>
<li>Le<em> livre</em> et la lecture devraient être à la base du système d’enseignement de l’enfance à la vie adulte ce qui signifie de trouver sa juste place au numérique prenant en compte ses opportunités et ses dangers ;</li>
<li>L’objectif de l’accomplissement de soi est primordial pour tout individu et le développement de l’esprit de critique pour tout citoyen impliquant une pédagogie accessible à tous, ce qui ne signifie <u>en rien</u> l’abandon des savoirs techniques : « <em>Étudier sans réfléchir est vain, mais réfléchir sans étudier est dangereux</em> » disait Confucius.</li>
<li>L’enseignement des sciences, des arts et des lettres doit se faire dans un cadre transdisciplinaire, ce qui ne doit pas abaisser la capacité à comprendre les caractéristiques relatives à chaque discipline.</li>
<li>S’impose un apprentissage de la connaissance de soi et de la vie avec les autres qui sont par nature différents du fait du sexe, des origines sociales ou de la personnalité ; un véritable défi dans une époque qui recherche à mieux transmettre ses valeurs républicaines de liberté, d’égalité et de fraternité et – comme l’a rappelé François Bayrou – de laïcité.</li>
</ul>
<p>Donc un effort d’exigences, une série de défis dans le temps qui expliquent une action publique de longue durée et ardue.</p>
<p>A ces principes il est n’est pas fortuit de suggérer des <strong>principes structurants d’ordre organisationnel</strong>, par exemple :</p>
<ul>
<li>L’éducation tout au long de la vie y compris la culture scientifique (pas le scientisme) tel que le préconisait Gaston Bachelard. La formation professionnelle est fondamentale<a href="https://www.revuepolitique.fr/2055-leducation-nationale-vers-son-futur/#_ftn2" name="_ftnref2">[2]</a>.</li>
<li>La <em>liberté de l’enseignement</em> et par conséquent le libre accès à l’école et à l’université à tout âge pour se cultiver. La question de la gratuité n’est pas innocente alors que le coût de l’enseignement va croissant et que la paupérisation des étudiants s’aggrave.</li>
<li>Une orientation professionnelle adroite qui canalise les étudiants vers des formations correspondant aux besoins du pays, ce qui suppose une bonne connaissance de ces métiers et besoins, actualisés, présents et anticipés, de formation professionnelle, en quantité, en qualité et territorialisés.</li>
<li>Une pédagogie active et participative qui redonne de la flexibilité et adapte l’enseignement aux besoins d’une société moderne.</li>
</ul>
<blockquote><p>Ces principes organisationnels entraînent le fait d’établir une réelle distinction entre le <em>droit à la culture</em> et le <em>devoir de formation</em>. Le premier étant d’ordre de la liberté et le second de l’ordre de la nécessité.</p></blockquote>
<p>Naturellement l’application de tels principes ne peut qu’avoir un impact conséquent dans l’organisation de la société et de l’école. Une série d’enchaînements qui ne se manifesteront que dans le temps. Soulignons déjà que ce serait le résultat d’une profonde mobilisation des acteurs et en particulier des professeurs et des enseignants. Cette distinction demeure importante car elle discrimine la fonction de création de savoirs de celle de diffusion de ces savoirs.</p>
<p>Si nous souhaitons nous diriger vers une véritable <em>société de la connaissance</em> il paraît indispensable de créer un ensemble d’organisations et de pratiques qui permettent de favoriser effectivement son développement <a href="https://www.revuepolitique.fr/2055-leducation-nationale-vers-son-futur/#_ftn3" name="_ftnref3">[3]</a>. Instaurer une formation continue tout au long de la vie, et inscrite dans notre organisation sociale, s’impose.</p>
<p>Qui ne voit les obstacles à la réalisation d’un tel programme en sus des conservatismes de toute nature !</p>
<p>Mais <em>a contrario</em> qui peut ne pas déceler l’immense enthousiasme que peut susciter une telle démarche auprès de tous les acteurs de l’éducation et de leurs bénéficiaires !</p>
<p>Trente ans pour parvenir à cette révolution culturelle et institutionnelle ne sont pas de trop. Ce qui suppose dans le temps un esprit de suite et une volonté trans-partisane. Est-ce vraiment impossible ? C’est en tout cas le destin de notre pays et de l’Europe qui est en jeu. Ne faut-il pas choisir en effet entre un avenir humaniste ou un futur transhumaniste porté par le monopole des GAFAM ou des BATX ? <a href="https://www.revuepolitique.fr/2055-leducation-nationale-vers-son-futur/#_ftn4" name="_ftnref4">[4]</a> Ne doit-on pas expliciter notre choix entre une technique maîtrisée par l’homme ou celle qui asservit l’humain ?</p>
<p>Un matérialisme étroit nous emmène à une impasse tandis que le refus du progrès est insensé. Ce choix sera le produit de lents processus concrets ; mais des orientations, des impulsions ne peuvent-elles pas déjà être affirmées ? Un tel effort, un tel dosage d’audaces et de prudence rappellent l’énergie dépensée en son temps par Jules Ferry. Car la singularité de Jules Ferry « <em>c’est d’incarner</em> – nous dit Mona Ozouf –<em> tout à la fois l’autorité de l’État et l’autonomie de l’individu, l’accomplissement de la promesse républicaine et la critique du maximalisme républicain. Il veut faire vivre conjointement la nation comme héritage et la nation comme volonté – la tradition et la liberté </em>»<a href="https://www.revuepolitique.fr/2055-leducation-nationale-vers-son-futur/#_ftn5" name="_ftnref5">[5]</a>.</p>
<p>Car il ne faut pas l’oublier l’enseignement est d’abord une <em>liberté</em> et Georges Burdeau nous rappelle que derrière ce titre de liberté de l’enseignement trois notions cohabitent : celle du droit d’enseigner, ce qui qui concerne la liberté d’opinion, celle du droit d’apprendre qui impacte l’égalité des individus, et celle du droit de choisir son maître qui invoque la liberté de conscience. <a href="https://www.revuepolitique.fr/2055-leducation-nationale-vers-son-futur/#_ftn6" name="_ftnref6">[6]</a></p>
<p>La richesse est dans nos talents et la seule façon de ne pas les gaspiller réside dans l’éducation qui est aussi une mesure de la puissance des États : si 254 millions d’étudiants sont inscrits dans les universités du monde entier, un chiffre qui a plus que doublé au cours des 20 dernières années, de grandes disparités existent selon les pays. Sans surprise ce sont l’Amérique du Nord, l’Europe de l’Ouest l’Asie de l’Est et le Pacifique qui consacrent le pourcentage le plus élevé de PIB à la R&amp;D mais en ce qui concerne le taux brut de scolarisation, dans l’enseignement supérieur, l’Europe centrale et de l’Est ont surpassé l’Amérique du Nord et l’Europe de l’Ouest et l’expansion la plus marquante (2000-2020) a eu lieu en Asie du Sud et de l’Ouest et en Asie de l’Est et le Pacifique<a href="https://www.revuepolitique.fr/2055-leducation-nationale-vers-son-futur/#_ftn7" name="_ftnref7">[7]</a>.</p>
<blockquote><p>Le monde entier connaît une ardente obligation en ce siècle de planifier des actions intelligentes pour créer une dynamique de réussite. Assurément l’éducation doit être est au cœur de cette ambition nationale et européenne.</p></blockquote>
<h3>Prise de risque</h3>
<p>Comme à l’époque de Jules Ferry, il s’agit aujourd’hui de refaire, de réparer, de réconcilier face à des idéologies rivales et revivifiées. «<em> C’est aussi poursuivre un double but : l’unité du pays et l’avènement d’une conscience commune mais conjointement la formation d’un citoyen critique capable de se défendre contre les engouements irréfléchis, et de s’en déprendre au cas où il les aurait contactés </em>»<a href="https://www.revuepolitique.fr/2055-leducation-nationale-vers-son-futur/#_ftn8" name="_ftnref8">[8]</a>. Dans notre pays divisé en querelle avec lui-même, l’école de 2055 que nous devrions édifier demande à chaque instant de l’audace et de la prudence, exige de ne pas heurter les consciences et de parier sur le temps long <a href="https://www.revuepolitique.fr/2055-leducation-nationale-vers-son-futur/#_ftn9" name="_ftnref9">[9]</a>. Ne jamais céder sur l’intolérance mais laisser advenir les débats et les controverses à partir d’une formation profondément rénovée des professeurs et enseignants. Mille questions surgiront sur lesquelles il ne faudra jamais rompre le dialogue. A rebours du passé mais sans le renier, créer un cadre mais un cadre souple sans oublier le levier que constituerait cette nouvelle école pour enfin trouver le <em>génie français</em> du 21<sup>ème</sup> siècle.</p>
<blockquote><p>Les difficultés existant dans les années 1880 relatives aux débats confessionnels ou politiques sont, après un vingtième siècle cruel, amplifiées en ce début de 21<sup>è</sup> siècle.</p></blockquote>
<p>En effet apparaît un <em>nouvel âge des idéologies </em>et très certainement un changement de degré importants de ces débats qui vont jusqu’à questionner la science et la métaphysique ainsi que le type même de civilisation que nous souhaiterions, ceci dans un contexte géopolitique en mutation exacerbée <a href="https://www.revuepolitique.fr/2055-leducation-nationale-vers-son-futur/#_ftn10" name="_ftnref10">[10]</a>.</p>
<p>Nous sommes dans des temps d’incertitude et par conséquent un temps d’exigence, ce qui ne peut que rendre tout à la fois impérative et difficile la politique de l’éducation. Ce qui donne raison à Platon lorsqu’il écrivait que « <em>le grand but de l’éducation est la recherche de la vérité ».</em></p>
<h3>Des sujets majeurs</h3>
<p>L’enseignement supérieur est la pointe extrême du diamant scolaire. Son coût est excessif et le financement inégalitaire. Jules Ferry avait insisté sur la notion de gratuité de l’enseignement primaire ; même si l’école primaire l’était déjà pour les deux tiers des écoliers grâce à Guizot, grâce à Duruy il souhaitait compléter le dispositif dans le droit fil du projet de refaire à la France une « âme nationale »<a href="https://www.revuepolitique.fr/2055-leducation-nationale-vers-son-futur/#_ftn11" name="_ftnref11">[11]</a>. Après la loi du 16 juin 1881, la loi du 31 mai 1933 étend la gratuité à tout l’enseignement secondaire. Enfin des bourses sont attribuées aux enfants dont les familles ne disposent pas de ressources suffisantes. L’ordonnance du 8 janvier 1945 étend cette gratuité à toutes les formes de l’enseignement ; Il y a là une logique démocratique ainsi qu’un lien évident avec le caractère obligatoire de l’enseignement.</p>
<p>D’une certaine manière c’est notre modèle social au sens large qui est ainsi concerné ; dans un contexte de refondation de notre économie et de notre société, du budget de l’État et de la crise des finances publiques, cette question du « qui paye ? » est naturellement au cœur du système éducatif notamment pour ce qui concerne l’enseignement supérieur, sans oublier l’amélioration à faire sur la complémentarité entre recherche publique et recherche privée.</p>
<p>Et en effet ce secteur est stratégique. La paupérisation des étudiants est réelle par exemple, aux USA le poids de la dette des étudiants s’élèverait à 1,6 trillion de dollars d’encours de prêts étudiants fédéraux au premier trimestre 2023 et 128,77 milliards de dollars supplémentaires de prêts étudiants privés au 31 mars 2023. Cet immense fardeau pèse lourdement sur les emprunteurs individuels et tire vers le bas l’ensemble de l’économie. Les emprunteurs lourdement endettés retardent souvent les grandes étapes de la vie telles que le mariage, la naissance d’enfants et l’achat d’une maison, ce qui a un impact significatif sur les dépenses de consommation et la croissance économique. Ce retard contribue à la baisse du taux de natalité en Amérique <a href="https://www.revuepolitique.fr/2055-leducation-nationale-vers-son-futur/#_ftn12" name="_ftnref12">[12]</a>.</p>
<p>Tandis qu’en France 679 00 des 2,93 millions étudiants, soit 23,2 %, bénéficient d’une bourse d’un montant annuel entre 1 454 € et 7 602 € (année universitaire 2023-24). Des étudiants qui font face à une situation difficile entre petits boulots et sous-alimentation en passant par des questions mal résolues de logement. Le financement des études est un dossier certes complexe mais il est important de souligner que le dispositif français est injuste et régressif puisque paradoxalement la faiblesse des frais d’inscription est corrélée à ce que ce soit la totalité de la population qui, par l’impôt direct et indirect, contribue au budget des universités.  Ceux qui contribuent proportionnellement moins par rapport à leurs revenus bénéficient du système : en effet 77 % des enfants de cadres de professions intermédiaires ou d’indépendants contre 52 % des enfants d’ouvriers ou d’employés (66 % des enfants de cadres et 35 % des enfants d’ouvriers ou d’employés sont diplômés du supérieur. En outre 39 % d’entre eux sont diplômés d’un master d’un doctorat ou d’une grande école contre 13 % des enfants d’ouvriers ou d’employés<a href="https://www.revuepolitique.fr/2055-leducation-nationale-vers-son-futur/#_ftn13" name="_ftnref13">[13]</a> .</p>
<p>Dans un chronique récente Philippe Bernard souligne que le populisme est aussi une crise de l’éducation <a href="https://www.revuepolitique.fr/2055-leducation-nationale-vers-son-futur/#_ftn14" name="_ftnref14">[14]</a>. Il cite notamment François Dubet et Marie Duru- Bellat qui dénoncent les déficiences du tri scolaire qui crée un fossé grandissant selon le niveau d’études qui génère un grave ressentiment. Ce qui n’est pas sans rappeler Ivan Illich dont son <em>Pour une société sans école </em>n’a pas perdu toute sa pertinence.</p>
<p>Bien d’autres domaines d’attention doivent nous être sensibles telles :  la qualité même de l’enseignement, la validité de certains diplômes, leur pertinence même au regard des besoins des entreprises et de la société en général, l’absence de perspectives d’emploi à l’issue de longues études posent problème. Enfin et les raisons en sont à déceler et à apprécier, s’observent une politisation manifeste des campus et une intolérance croissante.</p>
<p>L’enseignement secondaire est sensé être la préparation à cet enseignement supérieur bien qu’il soit également – et cela est trop oublié d’où ma proposition initiale de séparer l’enseignement professionnalisant de l’accès à la culture générale – une phase préalable à l’enseignement dit professionnel.</p>
<p>L’enseignement primaire lui-même précédé de l’école dite maternelle est celui des premiers apprentissages, qui cohabite encore étroitement avec un accompagnement familial. C’est là qu’un effort particulier doit être effectué sur l’éducation aux relations humaines</p>
<blockquote><p>A l’heure où Claude Allègre vient de nous quitter, cela supposera une vraie réflexion sur notre organisation scolaire, une introspection du <em>Mammouth</em> <a href="https://www.revuepolitique.fr/2055-leducation-nationale-vers-son-futur/#_ftn15" name="_ftnref15">[15]</a>.</p></blockquote>
<p>Décentraliser, déléguer, remettre du management stratégique (notion que je préfère à celle de leadership) dans les établissements scolaires autour et avec les équipes pédagogiques ne s’impose-t-il pas ?</p>
<h3>De nouvelles compositions</h3>
<p>Que faire aujourd’hui avec une vision de long terme sinon réfléchir ? Rechercher de grands souffles qui éclaireront l’avenir ? De grands penseurs de l’Éducation ont depuis toujours été inspirants<a href="https://www.revuepolitique.fr/2055-leducation-nationale-vers-son-futur/#_ftn16" name="_ftnref16">[16]</a>, ce de Platon aux acquis des neurosciences. Ce qui est frappant c’est ce formidable intérêt qu’ont porté sur cette matière les meilleurs esprits dans le monde au cours des siècles, chacun insistant sur une facette particulière ; ils retentissent aujourd’hui encore comme d’une très grande actualité. Pratiquant moi-même depuis quelques années cet <em>art d’enseigner,</em> la description des réflexions de ces penseurs par d’éminents auteurs est rafraichissante. Elle montre que l’éducation est d’abord humaine ; ce qui explique qu’il n’y a rien de nouveau sous le soleil car les perceptions de la dimension éducatrice ont été percutantes dès l’origine. Par ailleurs il y a bien eu des percées, des évolutions dans certaines époques et des régressions dans d’autres. Ainsi la renaissance se caractérise par un retour aux auteurs grecs et latins. Pour Montaigne ce savoir ne vaut que s’il s’enracine dans la vie et aide à s’y orienter. Comme le souligne Héloïse Lhérété : « <em>le savoir ne sert que s’il s’amalgame à la vie et aide à s’y orienter ; et réciproquement notre vie est la matière première de notre savoir. Apprendre à regarder le monde, à se regarder sans complaisance pour déterminer son action ou s’améliorer soi-même : telles sont les finalités de l’éducation selon Montaigne »</em>.</p>
<p>Le théologien protestant Comenius a été un grand pédagogue qui aura inspiré l’Europe du 17<sup>è</sup> siècle ; il a créé un véritable système complet d’éducation <a href="https://www.revuepolitique.fr/2055-leducation-nationale-vers-son-futur/#_ftn17" name="_ftnref17">[17]</a>. Jean Piaget souligna qu’il soulevait une série de problèmes nouveaux pour son siècle : <em>« le développement mental, les fondements psychologiques des méthodes didactiques, les relations entre l’école et la société, et la nécessité d’organiser ou de règlementer les programmes et les cadres administratifs de l’enseignement</em> ».  Il ne suffit pas de connaître, il faut agir afin de faire cette terre à l’image d’un paradis possible. C’est ainsi que tous apprendront un métier, car c’est bien l’homme entier qu’il faut former dans les écoles. A quoi s’ajoute une orientation pragmatique qui conduit à insister sur le respect et sur l’entretien du corps.</p>
<p>De son côté Christine de Pisan (1365-1430) s’était préoccupée comme Jules Ferry quelques siècles plus tard de l’éducation des filles. Elle élabore un ambitieux programme qui n’a aucun écho pendant une longue période : de Christine de Pisan à Fénelon, l’idéal éducatif des femmes a fait un grand pas en arrière ! Plus tard Locke se remarquera par son empirisme et son utilitarisme. Alors que Rousseau initie la révolution copernicienne qui a mis l’enfant au centre du processus éducatif.</p>
<p>Je citerai aussi parmi les nombreux et magnifiques exemples de la revue <em>Sciences humaines</em>, John Dewey (1859-1952) une figure de la philosophie pragmatiste ; c’est l’expérience qui est au cœur de sa philosophie dont l’éducation n’est en fait qu’un volet : la connaissance n’est pas un accès direct à des vérités immuables. Elle est d’abord la solution à un problème, solution que l’on construit pas à pas, avec méthode, à travers une enquête. C’est bien ce processus que l’école doit permettre aux enfants d’acquérir. Pour Dewey il faut penser dans la continuité entre la société et l’éducation. Maria Montessori (1870-1952) fut elle aussi une grande pédagogue en avance sur son temps. Pour elle l’enfant est animé d’un élan vital, d’une dynamique psychique qui le pousse à explorer son environnement et à acquérir ses connaissances. Elle fit surtout sensation dans sa manière d’amener des enfants de trois ans à la maîtrise de l’écriture et de la lecture. Tandis que Célestin Freinet fit de « « <em>Faire pour apprendre »</em> son slogan. Gaston Bachelard estima quant à lui qu’on ne peut connaître sans passer par l’erreur. <em>Il faut s’y confronter pour la dépasser</em>, disait-il.</p>
<p>Lev Vygotski est aujourd’hui considéré comme l’un des plus influents penseurs du développement de l’enfant. Ce psychologue soviétique a introduit la notion centrale en pédagogie de <em>zone proximale de développement</em> permettant de situer l’enfant non seulement en fonction de ses acquis mais encore en termes de capacité de progression. Selon lui la pensée se construit en interaction avec les autres.</p>
<p>Edgar Morin insiste sur les savoirs pour apprendre à vivre : l’éducation devrait enseigner la complexité et les contradictions de la connaissance permettant une meilleure compréhension d’autrui et du monde. Nous conclurons cet examen avec François Taddéï qui considère que notre modèle scolaire élitiste actuel ne prépare ni à l’université, ni au monde du travail ni à la vie adulte.</p>
<p>C’est tout l’ensemble du système qui, dans le cadre d’une politique éducative revisitée, doit être revu dans ses principes, son organisation et ses finalités <a href="https://www.revuepolitique.fr/2055-leducation-nationale-vers-son-futur/#_ftn18" name="_ftnref18">[18]</a>. 2055 c’est demain !</p>
<p><strong>Francis Massé</strong><br />
<strong>Président de MDN Consultants</strong></p>
<p><a href="https://www.revuepolitique.fr/2055-leducation-nationale-vers-son-futur/#_ftnref1" name="_ftn1">[1]</a> Janusz Korczak juif polonais et l’inventeur des droits de l’enfant décida d’accompagner les 192 enfants juifs dont il avait la charge jusqu’aux wagons qui les emmenaient à Treblinka où ils furet tous exterminés, ceci alors même que sa grâce avait été obtenue. Pour lui l’enfant est un être à la fois complet et inachevé. En 1919, il publie <em>Comment aimer un enfant</em>.  5 ans plus tard la Société des nations adopte la première Déclaration des droits de l’enfant qui sera suivie en 1989 par la convention internationale des droits de l’enfant adoptée par l’ONU.</p>
<p><a href="https://www.revuepolitique.fr/2055-leducation-nationale-vers-son-futur/#_ftnref2" name="_ftn2">[2]</a> Francis Massé, <em>La LOGOTIQUE une formation inédite pour décupler la créativité des écosystèmes</em>, L’Harmattan, 2023. J’y recommande de mettre l‘accent sur la formation professionnelle au sein des filières professionnelles plus que des branches.</p>
<p><a href="https://www.revuepolitique.fr/2055-leducation-nationale-vers-son-futur/#_ftnref3" name="_ftn3">[3]</a> Francis Massé, <em>La LOGOTIQUE, une formation inédite pour décupler la créativité des écosystèmes</em>. Préface Yannick Assouad, l’Harmattan, 2023</p>
<p><a href="https://www.revuepolitique.fr/2055-leducation-nationale-vers-son-futur/#_ftnref4" name="_ftn4">[4]</a> Olivier Lascar, <em>Enquête sur Elon Musk, l’homme qui défie la science</em> ; Alisio Sciences, 2022.</p>
<p><a href="https://www.revuepolitique.fr/2055-leducation-nationale-vers-son-futur/#_ftnref5" name="_ftn5">[5]</a> Mona Ozouf, <em>Jules Ferry la liberté et la tradition</em>, Gallimard,2014</p>
<p><a href="https://www.revuepolitique.fr/2055-leducation-nationale-vers-son-futur/#_ftnref6" name="_ftn6">[6]</a> Georges Burdeau, <em>Les libertés publiques,</em> LGDJ, 1972</p>
<p><a href="https://www.revuepolitique.fr/2055-leducation-nationale-vers-son-futur/#_ftnref7" name="_ftn7">[7]</a> Source UNESCO, 2022.</p>
<p><a href="https://www.revuepolitique.fr/2055-leducation-nationale-vers-son-futur/#_ftnref8" name="_ftn8">[8]</a> Mona Ozouf, <em>opus</em> cité</p>
<p><a href="https://www.revuepolitique.fr/2055-leducation-nationale-vers-son-futur/#_ftnref9" name="_ftn9">[9]</a> Francis Massé, <em>Urgences et lenteur,</em> Préface Anne-Marie Idrac, Fauves éditions, 2020</p>
<p><a href="https://www.revuepolitique.fr/2055-leducation-nationale-vers-son-futur/#_ftnref10" name="_ftn10"></a> [10] Cf. <em>Le nouvel âge des idéologies</em>, Les Grands dossiers Sciences Humaines, Décembre 2024.</p>
<p><a href="https://www.revuepolitique.fr/2055-leducation-nationale-vers-son-futur/#_ftnref11" name="_ftn11">[11]</a> Mona Ozouf, opus cité</p>
<p><a href="https://www.revuepolitique.fr/2055-leducation-nationale-vers-son-futur/#_ftnref12" name="_ftn12">[12]</a>Selon John Delf d’EuroStrategy in eurostratgy.sustack.com</p>
<p><a href="https://www.revuepolitique.fr/2055-leducation-nationale-vers-son-futur/#_ftnref13" name="_ftn13">[13]</a> <a href="https://publication.enseignementsup-recherche.gouv.fr/eesr/FR/T448/le_niveau_d_etudes_selon_le_milieu_social/">https://publication.enseignementsup-recherche.gouv.fr/eesr/FR/T448/le_niveau_d_etudes_selon_le_milieu_social/</a></p>
<p><a href="https://www.revuepolitique.fr/2055-leducation-nationale-vers-son-futur/#_ftnref14" name="_ftn14">[14]</a> Philippe Bernard, <em>Trop d’école, moins de démocratie.</em> Le Monde du 5 /6 Janvier 2025. Qui se réfère à <em>L’emprise scolaire</em>, Les Presses de Sciences Po 2024. Il cite également Clivages<em> politiques et inégalités sociales</em>, codirigé par Thomas Piketty 202 EHESS-Gallimard-Le Seuil</p>
<p><a href="https://www.revuepolitique.fr/2055-leducation-nationale-vers-son-futur/#_ftnref15" name="_ftn15">[15]</a> Cf. <em>Le leadership pour l’éducation au XXI siècle</em> Romuald Normand, 2025 ; voir du même auteur <a href="https://www.ih2ef.gouv.fr/le-leadership-du-chef-detablissement-anti-manuel-de-pilotage-pedagogique">https://www.ih2ef.gouv.fr/le-leadership-du-chef-detablissement-anti-manuel-de-pilotage-pedagogique</a></p>
<p><a href="https://www.revuepolitique.fr/2055-leducation-nationale-vers-son-futur/#_ftnref16" name="_ftn16">[16]</a> Voir à cet égard <em>Les grands penseurs de l’Éducation</em> dans l’excellent Hors-Série Les ESSENTIELS de la revue Sciences Humaines, Octobre-Novembre 2024 dont ces lignes s’inspirent.</p>
<p><a href="https://www.revuepolitique.fr/2055-leducation-nationale-vers-son-futur/#_ftnref17" name="_ftn17">[17]</a> Coménius, de son vrai nom Jan Komensky tchèque était un pédagogue dont nous avons un musée dans une petite ville des Tatras; il avait par exemple conçu un tableau comparatif des équivalents des mots et locutions verbales pour à la fois faire apprendre les langues et aussi laisser percevoir que les découpes linguistiques de sens n’étaient et ne pouvaient êre parfaitement équivalentes.</p>
<p><a href="https://www.revuepolitique.fr/2055-leducation-nationale-vers-son-futur/#_ftnref18" name="_ftn18">[18]</a> Francis Massé, <em>Urgences et lenteur</em>, préface Anne-Marie Idrac, Fauves Éditions, 2020</p>
<p>L’article <a href="https://www.mdn-consultants.eu/2055-leducation-nationale-vers-son-futur/">2055, l’éducation nationale vers son futur</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.mdn-consultants.eu">MDN Consultants - Francis Massé</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Mieux comprendre le « En même temps »</title>
		<link>https://www.mdn-consultants.eu/mieux-comprendre-le-en-meme-temps/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Francis Massé]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 09 Sep 2024 09:01:50 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Blog]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.mdn-consultants.eu/?p=2699</guid>

					<description><![CDATA[<p>Francis Massé explore la notion du « en même temps » dans la politique française, en soulignant les défis croissants de gouvernance dans un monde globalisé. Il propose une réforme des institutions et des mentalités, en insistant sur la collaboration, la décentralisation, et l’intelligence collective pour mieux répondre aux enjeux contemporains. N’existe-il dans notre pays [&#8230;]</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p class="uk-text-lead"><strong>Francis Massé explore la notion du « en même temps » dans la politique française, en soulignant les défis croissants de gouvernance dans un monde globalisé. Il propose une réforme des institutions et des mentalités, en insistant sur la collaboration, la décentralisation, et l’intelligence collective pour mieux répondre aux enjeux contemporains.</strong></p>
<p><span id="more-2699"></span></p>
<p>N’existe-il dans notre pays une forme de nonchalance d’ordre intellectuel tout comme une sorte d’inertie pour ne pas aboutir ? Dans l’idée du « En même temps » il y a de fait trois options possibles.</p>
<p>Quelles sont-elles ? :</p>
<p>• Promouvoir le « En même temps » et ne pas agir en conséquence ;<br />
• Travestir l’expression en « Une chose et son contraire » ;<br />
•Approfondir la notion et l’appliquer effectivement.</p>
<p>Ce qui nous intéresse ici c’est naturellement la troisième option, celle dont véritablement la France a besoin ; ni la procrastination ni le déni ne sont productifs. À cette fin une meilleure compréhension du monde dans lequel nous vivons devient indispensable. De puissants penseurs véritablement en lien avec l’observation des faits peuvent nous y aider.</p>
<p>Interrogeons-nous alors comment et en quoi nos institutions et organisations publiques ne sont plus adaptées aux enjeux et situations de plus en plus complexes du monde, que ce soit aux niveaux local, national, européen et international. Car ces enjeux et situations sont de plus en plus en plus complexes du fait de la croissance de leurs interactions. Un accroissement des interdépendances qui demande logiquement une approche globale, en termes de réflexion et action, propre à les considérer dans un même temps !</p>
<p>Certes, tout savoir sur tout est impossible à l’échelle individuelle ou de petites communautés professionnelles trop souvent isolées, mais il est utile d’adopter quelques principes clés :</p>
<p>• Admettre la complexité et en comprendre les mécanismes ;<br />
• Reconnaître une capacité collaborative à réduire les angles morts ;<br />
• Préférer l’intelligence collective à l’enfermement dans une monoculture pour développer une approche globale et donc systémique.</p>
<p>D’abord dans une première partie quelques éléments de constat et d’analyse (1). Ensuite dans la seconde partie quelques pistes de solutions et de propositions opérationnelles (2).</p>
<p><strong>• Un constat stimulant</strong><br />
Ainsi du fait d’imbrications et autres enchevêtrements la plupart de nos problèmes sont reliés entre eux. Il faut en tirer une conclusion claire ; la recherche de résolution séparée de l’un d’entre eux serait insuffisante voire risquée : les solutions doivent être trouvées en traitant plusieurs cas à la fois dès lors qu’ils sont corrélés. Il en découle un caractère multifonctions de toute action ou activité. Rares en effet sont les décisions qui ont un objectif ciblé et unique. Aucune action ne peut être engagée sans avoir quelque impact plus ou moins important à la circonférence de la cible principale. Ceci est vrai dans la réalité sociale comme dans le domaine des représentations. Gérard Noiriel ne souligne-t-il pas combien le poids de l’Histoire agit toujours dans nos représentations contemporaines des situations, ce qui fut notamment le cas sur le dossier des retraites.</p>
<p>Bruno Latour aura apporté une immense réflexion pour notre combat d’aujourd’hui[1]. Il a en particulier lancé des pistes majeures pour s’interroger sur les façons de métaboliser la question écologique, explorer la situation nouvelle, donner un sens nouveau à l’université, rechercher à la fois la prospérité et le bien-être, la liberté, et de tenir dans l’habitabilité de la terre en ayant en tête le concours de toutes les disciplines. C’est ce dernier point que nous devrions fréquenter davantage. Pour redonner des puissances d’agir – nous dit-il – pour arriver à « parler d’une seule voix » il faut laisser advenir les différents modes de vérité, technique, scientifique, religieux ou politique. L’atteinte du consensus est un long et lent cheminement.</p>
<h3>
En ce qui concerne le dernier mode, le mode politique, il permet notamment de constituer du collectif.</h3>
<p>S’en passer comme se passer des médiations et de la controverse serait une profonde erreur ; il faut par conséquent du temps et de la patience. Et du courage.</p>
<p>À partir d’un tel constat le seul recours que nous avons est de comprendre, comme le disait parfaitement Michel Rocard. Cette vertu de compréhension, car c’en est une, exige de la ténacité pour sortir des sentiers battus. Comprendre sollicite aussi le recours à des « moteurs de recherche » puissants pour capter et diffuser les informations indispensables d’avant l’action. Le « En même temps » exige des savoirs ! Formation, recherche, information sont donc des facteurs clés pour une dynamique de réussite. Ce n’est donc pas tout à fait un hasard si nous subissons des guerres informationnelles. Le dernier rapport d’enquête du Sénat est à cet égard sans équivoque [2]. Ce n’est pas un hasard car chacun peut voir nos fragilités : divisions, doctrine mal vertébrée, désorganisation, etc. A cet égard la nouvelle Revue Nationale Stratégique (RNS) « gagner la guerre avant la guerre » et la notion de guerre totale qui y est attachée est un plan « En même temps » …qui ne peut que mettre sous tension l’ensemble des ministères et des forces vives du pays. [3]</p>
<h3>On se fourvoierait si l’on se contentait de lutter contre les stratégies d’influences et autres opérations hostiles comme les guerres informationnelles.</h3>
<p>Il faut inoculer préventivement des défenses immunitaires fortes. C’est là qu’intervient le fameux triptyque Savoir, Pouvoir, Vouloir.</p>
<p>Savoir ! A tout dire un effort majeur doit être porté sur l’éducation et la formation ; il n’est pas acceptable que près de 12% des jeunes Français soient sous les radars de l’Éducation Nationale auxquels s’ajoutent les autres formes d’échec scolaire.</p>
<p>Pouvoir ! Nos capacités de gouvernabilité sont perfectibles non seulement du fait, aujourd’hui, d’une assemblée nationale coupée en trois courants difficilement conciliables mais par l’absence depuis longtemps d’une réforme profonde de l’État et d’une Europe mieux organisée.</p>
<p>Vouloir ! Notre volonté est émoussée tant nos désaccords sont profonds et la situation politique actuelle en est un exemple.</p>
<p>Aussi, la mesure numéro un est-elle l’éducation et la formation. Instruire et aguerrir nos jeunes s’impose. Encore faut-il attribuer notre confiance et des moyens aux professeurs et enseignants et les sensibiliser eux-mêmes à la nouvelle donne. C’est là que devrait intervenir un renouvellement décisif dans la gouvernance et le management publics.</p>
<p>À ce stade du raisonnement j’insisterai sur le nécessaire continuum entre les différents niveaux des collectivités publiques et sur l’appel utile au concept de GLOCAL qui décrit les interactions et l’interpénétration entre la globalisation et le local. Un administrateur ou un responsable politique local au fait des enjeux couverts par les autres niveaux ou inversement l’administrateur ou le politique en responsabilité au niveau national européen ou international capable de discerner les intérêts des niveaux locaux ou intermédiaires sont une configuration optimale pour atteindre nos objectifs. C’est pourquoi le non cumul systématique des mandats est une erreur. C’est pourquoi également la timidité des coopérations entre les différents niveaux est contreproductive. Le « En même temps » réclame du coopératif et de l’échange.</p>
<p>Aussi, pour que cela fonctionne il est tout autant nécessaire d’organiser des tiers lieux, des passerelles entre le monde universitaire et de la recherche avec les organisations publiques. Comme il est temps de faire évoluer les médias pour qu’ils remplissent un meilleur rôle pédagogique.</p>
<p>Par ailleurs ma propre expérience professionnelle m’apprend que l’articulation entre le Technique (disons l’administration) et le Politique (les gouvernants ou édiles locaux) est perfectible dans le sens à la fois d’un meilleur dialogue et d’une meilleure compréhension des rôles de chacun ainsi que des différentes situations quelle qu’en soit la complexité.</p>
<p>Pour conclure provisoirement et, face aux dangers, un silence provisoire requis pour concertations et maturation de projets est plus efficace que les excès de communication. Mais la stratégie doit être active au service d’une vision proactive du « en même temps » ce qui suppose une intelligence collective (penser ET agir ensemble) puissante et dynamique.</p>
<p><strong>• Face à la crise institutionnelle française, responsabiliser la France et les Français</strong><br />
À l’heure des manipulations de tous les bords provenant du système politico-médiatique ou des réseaux sociaux, il paraît nécessaire de réagir. Un citoyen non élu n’a que sa plume ou son droit à manifester pour défendre quelques principes.</p>
<p>D’ailleurs il ne peut s’en prendre qu’à lui-même s’il n’est pas satisfait puisqu’il peut lui-même se présenter aux suffrages de ses pairs – encore faut-il qu’il y parvienne au vu des sauts d’obstacles à franchir -.</p>
<p>Il me semble que trois forces assez autonomes les unes par rapport aux autres mais néanmoins réunies par le mainstream de l’ignorance et de la superficialité soient principalement responsables de ce qui nous arrive et en particulier de notre écher du « En même temps ».</p>
<p>La première coule de source c’est la classe politique tout à fait respectable qui semble parfois aujourd’hui pauvre en talents et en personnalités puissantes et visionnaires. Les difficultés à trouver un nouveau gouvernement ne sont pas dues à cet égard qu’aux questions de majorité parlementaire.</p>
<p>Sans doute faut-il voir l’origine de cet affaiblissement du personnel politique dans un certain nombre de facteurs.</p>
<p>D’abord depuis les années 80 la complexité et la technicité des problèmes s’est accrue et cette situation requiert une forte capacité de travail autant que des moyens pour y parvenir. Or à considérer l’insuffisance de transparence de circulation de l’information, des moyens d’étude et de réflexion du Parlement, de documentation, à comparer à des institutions analogues dans d’autres pays, tels les Etats-Unis il y a lieu de s’interroger. Par ailleurs la formation des élus est lacunaire alors que cette formation est nécessaire et qu’il n’y a pas lieu à s’en offusquer. C’est le cas pour tout professionnel ou responsable aujourd’hui qu’il puisse bénéficier d’une formation permanente.</p>
<h3>L’interdiction du cumul des mandats n’aura pas été un succès car il a entraîné la constitution d’une classe politique nationale parfois coupée des expériences du terrain.</h3>
<p>Par ailleurs l’Union européenne n’a pas été suffisamment prise en considération alors qu’il était possible de dynamiser davantage des relations de travail entre parlementaires européens et nationaux.</p>
<p><span style="text-decoration: underline;">Le rôle de la haute administration</span> en France sous la Cinquième République a été également déterminant. Concomitamment à la présidence de François Mitterrand, l’ultralibéralisme s’est développé en même temps que le bond en avant de la globalisation économique. Les cadres conceptuels de l’État et du rôle de l’administration ont progressivement été bouleversés et ce d’autant plus que l’Europe institutionnelle prenait de l’ampleur.</p>
<p>Dans le même temps les élites ont délaissé un avenir professionnel au sein de l’État au profit de carrières dans l’entreprise. À notre avis et contrairement aux Etats-Unis face au tournant libéral du secteur privé, ni l’État ni les politiques européennes n’ont su s’adapter à cette nouvelle donne. Si bien que les politiques de la concurrence au demeurant indispensables ont souvent remplacé la notion même de politique industrielle.</p>
<p><span style="text-decoration: underline;">La désagrégation relative des services publics et la désindustrialisation du pays</span> ont été quasi simultanées sur longue période. La cause racine en est largement due à une erreur conceptuelle majeure constitutive du mal français et sans doute européen : <strong>l’absence à la fois de pragmatisme et de vision ne peut que donner toute sa place à l’idéologie.</strong></p>
<p>Plus on parle du mot, moins la chose existe ; Jacques Ellul en avait établi une loi sociologique. Le fait est que l’inertie a dominé sur plusieurs dimensions :</p>
<p>• Au plan géopolitique nous avons perdu au moins 10 ans à l’issue de l’effondrement du bloc soviétique au lieu de construire un nouvel équilibre sur notre continent ;<br />
• Au plan européen l’approche en termes de marché unique a fait fi de la nécessité absolue d’une vraie défragmentation de l’économie : la concurrence intra européenne a prospéré et nous en payons le prix aujourd’hui. La simple observation du pullulement des organismes socioprofessionnels dans l’univers économique et industriel du marché intérieur suffit à démontrer le potentiel d’inertie et de d’empêchements de coopération qui en résulte.<br />
• Au plan politique et institutionnel la notion d’unité dans la diversité n’a pas bien fonctionné faute, là encore, d’une totale absence de pragmatisme. Le sentiment qui a été donné qu’il fallait détruire les nations et peut-être aussi les États a été entretenu au lieu d’organiser réellement une répartition claire des compétences et également de vrais partenariats voire des fusions bien gérées entre services publics. À titre d’exemple la SNCF et la DB ou la création d’une FAA européenne !?[4]</p>
<h3>Tout le monde y perd pour avoir voulu ne sacrifier aucun de ses petits pouvoirs : les politiques, les fonctionnaires, les dirigeants d’organisations publiques parapubliques ou professionnelles.</h3>
<p>Le mal est bien implanté et il faudra être patient et habile pour éviter que la solution ne provienne que du monde des grands intérêts financiers industriels mondialistes qui négligent spontanément les cultures et les nations et réduisent les sociétés humaines à un marché autonome conduit par la seule évolution technologique et financière.</p>
<p>Faute d’avoir eu le courage de mettre la main dans le cambouis de la gouvernabilité, du management responsable, nous créons subrepticement une société d’anomie telle que décrite autrefois par Durkheim.</p>
<p>La crise actuelle en France n’est une crise de régime politique. Changer de constitution n’est pas la bonne méthode. En revanche il faut faire évoluer les comportements et agir « En même temps ». Et d’abord responsabiliser la France et les Français et décentraliser notre pays et ses institutions s’impose. En revanche il faut de puissants moteurs centraux de gouvernance pour diffuser partout la connaissance et le savoir qui, eux, doivent venir de partout. Elle est là l’unité de la Nation ! C’est dire que la formation et l’information, avec les aptitudes à la compréhension qui vont avec, sont au cœur des enjeux et des solutions. Un nouveau Jules Ferry ?</p>
<p>Notre pays, dans toutes ses régions, doit être un lieu de controverses et d’initiatives pour des innovations économiques, sociales et culturelles assumées. Il n’y a pas lieu pour cela d’opérer de grands chambardements : il faut « simplement » changer d’état d’esprit ! C’est toute une nouvelle stratégie qu’il faut bâtir à partir d’une approche géopolitique et d’un supplément d’intelligence économique et de prospective sociale. <strong>Oui, la consolidation de notre tissu national passe par une vision stratégique tant nationale qu’internationale partagée par tous.</strong></p>
<p>Dès lors, naturellement il convient de bien cerner nos incohérences et nos contradictions. Il faut, comme l’a indiqué le président de la République, réaliser ce que l’on croit impossible. Contrairement à l’analyse de Benjamin Morel dont je comprends bien l’inquiétude et selon lequel : « la différenciation territoriale est le tombeau de la France », une nouvelle direction doit être prise vers une réelle décentralisation. Cette décentralisation ne doit pas en effet être un “autre séparatisme visant à déstructurer et déstabiliser la France au risque de précipiter son éclatement”[5].</p>
<p>Il nous faut de la mesure, du proportionné et de l’harmonie. Or nos structures sont selon le cas trop grandes, trop petites ou éclatées. L’économiste anglais Ernst Friedrich Schumacher prenait soin de souligner qu’il n’existe pas de réponse univoque à la question de la taille, car la taille adéquate est chaque fois déterminée par le type d’activité qu’elle concerne, (et) déplorait la propension des hommes à vouloir appliquer les mêmes schémas de pensée en toutes circonstances, source d’innombrables aberrations[6].</p>
<h3>Nous confondons trop souvent « État unitaire » et « État jacobin ».</h3>
<p>Après une vraie simplification des structures territoriales prenant en compte la réduction du nombre d’agences et autres établissements publics, il est indispensable de confier aux politiques locaux de vraies responsabilités en leur donnant de vrais moyens et en instaurant un vrai contrôle a posteriori.</p>
<p>Par ailleurs il est nécessaire de bien comprendre que la solution n’est pas tant dans la réforme des structures que dans l’émergence d’un nouvel état d’esprit. Il ne s’agit pas de céder la place à des roitelets provinciaux car le pacte girondin doit être un pacte républicain. Il s’agit d’appliquer un management politique organique dans notre tissu national. Une structure organique est un type de structure organisationnelle qui se caractérise par une flexibilité et une adaptabilité accrue. Ceci, contrairement à une structure hiérarchique et centralisée où les décisions sont prises par une seule personne ou un petit groupe de personnes au sommet de l’organisation.</p>
<p>C’est d’une société de confiance dont nous parlons pour sortir enfin de l’étrangeté française que dénonce Philippe d’Iribarne[7]. Avec son avertissement : « Quand on veut agir sur une société, pas seulement dans l’imaginaire mais dans la réalité, on ne peut pas faire comme si ces mythes n’étaient pas au cœur de la vie sociale ».</p>
<p>En conclusion générale et pour achever notre propos sur un mode grave, un regard vers nos amis britanniques peut être utile. Keir Starmer, le Premier ministre Britannique prévient ses concitoyens que leur vie va « empirer avant que ça aille mieux » (…) Nous avons hérité d’un trou noir, aussi bien dans l’économie que dans la société. C’est pourquoi nous devons agir et faire les choses différemment. Cela implique, conclue-t-il, d’être honnête avec les gens : à propos des choix auxquels nous sommes confrontés, et des difficultés que nous allons traverser. Franchement, les choses vont empirer avant que ça aille mieux. »</p>
<p>Remarquons en effet avec beaucoup d’experts que la complexité inhérente au management des organisations publiques vient de plusieurs familles de facteurs : un environnement politique avec des commandes changeantes à l’administration et des réactions à court terme, égotiques ou irrationnelles ; des logiques managériales et d’intérêt politique pas toujours compatibles. Un environnement international confronté aux contraintes du multilatéral et aux effets de la mondialisation. Tout dans cet univers y est multifactoriel. Les coûts réels y sont difficiles à estimer compte tenu des contraintes légales diverses, les résultats difficiles à quantifier et à démontrer. Les impacts des décisions publiques sont parfois incertains, imprévus, indésirables.</p>
<p>Face aux dangers, ne devrions-nous pas modifier notre gouvernance dans le sens qui précède ? Oui nous devrons édifier une structure organisationnelle organique c’est-à-dire fluide et flexible. Associée à une prise de décision décentralisée, à des hiérarchies plates, à de larges étendues de contrôle, à une communication informelle et à une capacité à transformer, notre structure publique serait mieux apte à gouverner un pays qui doit muter.</p>
<p>Il faut persévérer dans le « en même temps » mais au lieu de s’en moquer, agir avec rigueur et vérité tel que nous l’indiquait Bruno Latour.</p>
<p><strong>Francis Massé,</strong><br />
<strong>Président de MDN Consultants</p>
<p></strong></p>
<p><a href="applewebdata://E76CDCCD-80DD-46A3-A623-DE4A309780CB#_ftnref1" name="_ftn1">[1]</a><a href="https://www.youtube.com/playlist?list=PLCwXWOyIR22s1ObpNtFuD4Ny6_paqLX5p">https://www.youtube.com/playlist?list=PLCwXWOyIR22s1ObpNtFuD4Ny6_paqLX5p</a></p>
<p><a href="applewebdata://E76CDCCD-80DD-46A3-A623-DE4A309780CB#_ftnref2" name="_ftn2">[2]</a><a href="https://www.senat.fr/salle-de-presse/dernieres-conferences-de-presse/page-de-detail-1/politiques-publiques-face-aux-operations-dinfluences-etrangeres-conclusions-de-la-commission-denquete-3494.html">https://www.senat.fr/salle-de-presse/dernieres-conferences-de-presse/page-de-detail-1/politiques-publiques-face-aux-operations-dinfluences-etrangeres-conclusions-de-la-commission-denquete-3494.html</a></p>
<p><a href="applewebdata://E76CDCCD-80DD-46A3-A623-DE4A309780CB#_ftnref3" name="_ftn3">[3]</a><a href="https://www.lemonde.fr/international/article/2021/10/05/gagner-la-guerre-avant-la-guerre-nouvelle-strategie-de-l-armee-francaise_6097119_3210.html">https://www.lemonde.fr/international/article/2021/10/05/gagner-la-guerre-avant-la-guerre-nouvelle-strategie-de-l-armee-francaise_6097119_3210.html</a></p>
<p><a href="applewebdata://E76CDCCD-80DD-46A3-A623-DE4A309780CB#_ftnref4" name="_ftn4">[4]</a> Federal Aviation Administration</p>
<p><a href="applewebdata://E76CDCCD-80DD-46A3-A623-DE4A309780CB#_ftnref5" name="_ftn5">[5]</a>Benjamin Morel, <em>La France en miettes, Régionalismes, l’autre séparatisme</em> ; Éditions du cerf,2023</p>
<p><a href="applewebdata://E76CDCCD-80DD-46A3-A623-DE4A309780CB#_ftnref6" name="_ftn6">[6]</a>Ernst Friedrich Schumacher, <em>Small is beautiful,</em> Seuil 1979, cité par Olivier Rey, <em>Une question de taille</em>, Éditions Stock 2024</p>
<p><a href="applewebdata://E76CDCCD-80DD-46A3-A623-DE4A309780CB#_ftnref7" name="_ftn7">[7]</a> Philippe d’Iribarne, <em>L’étrangeté française</em>, Éditions du Seuil, 2006.</p>
<p><strong> </strong></p>
<p>L’article <a href="https://www.mdn-consultants.eu/mieux-comprendre-le-en-meme-temps/">Mieux comprendre le « En même temps »</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.mdn-consultants.eu">MDN Consultants - Francis Massé</a>.</p>
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		<title>Et maintenant ? Se galvauder de mots dans l’inertie ou gouverner dans l’intérêt général ?</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Francis Massé]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 11 Jul 2024 09:37:34 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Blog]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Pendant que nous nous sommes occupés sur des questions domestiques le monde a poursuivi sa course vers sa reconfiguration dans laquelle nous risquons de ne plus compter pour beaucoup. Il ne faut pas désespérer mais plus nous nous complaisons dans nos polémiques secondes moins nous préparons notre futur. Se redresser ensemble  Bien évidemment je dis [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Pendant que nous nous sommes occupés sur des questions domestiques le monde a poursuivi sa course vers sa reconfiguration dans laquelle nous risquons de ne plus compter pour beaucoup.</strong></p>
<p><strong>Il ne faut pas désespérer mais plus nous nous complaisons dans nos polémiques secondes moins nous préparons notre futur.</strong></p>
<p><span id="more-2715"></span></p>
<h3><strong>Se redresser ensemble</strong></h3>
<p><strong> </strong>Bien évidemment je dis polémiques « secondes » et non « secondaires ». Mais finalement a-t-on clarifié quoi que ce soit par ces élections législatives improvisées ?  Qu’a-t-on appris de neuf avec ces élections législatives improductives ?</p>
<p>Ne savions-nous pas déjà que la <em>startup nation</em> ne pouvait <u>à elle seule</u> unifier notre peuple par un discours pouvant paraître hors sol, que les méthodes utilisées pour réformer n’emportaient pas l’adhésion, que l’État de droit est fragilisé. Que les extrêmes sont là du fait d’incuries non corrigées depuis 40 ans ? Que les inégalités sociales sont là, que les analyses macro-économiques sont têtues : endettement public, déficit du commerce extérieur, taux de chômage structurel, fragilité de notre économie et de notre population active, mais encore que notre modèle social ou que les analyses micro économiques ou sociales (perte d’engagement ; absentéisme ; mauvaise qualité du management; affaiblissement des corps intermédiaires ; <em>pacte girondin</em> introuvable ; moindre dynamisme démographique) sont vérifiées, que toutes ces faiblesses dangereuses ne permettent pas de faire nation ni de réaliser complètement ce à quoi tend à juste titre la nouvelle doctrine militaire ?</p>
<p>Naturellement nous pouvons argumenter que d’autres éléments sont positifs mais, en réalité, sommes-nous à la recherche d’un contentement minimal et d’autosatisfaction ou bien voulons-nous progresser et bâtir notre futur qui ne soit pas une nouvelle ligne Maginot, qu’elle soit teintée d’<em>immigrationisme </em>ou de protectionnisme.</p>
<blockquote><p>Notre étonnement est grand face à une certaine inculture politique non seulement d’une partie de la classe politique mais également de chefs d’entreprise.</p></blockquote>
<p>Ces derniers critiquent à juste titre l’incompétence économique des français mais ils devraient davantage s’interroger aux mécaniques politiques qui reposent sur des symboles, des représentations, une histoire et des rapports de force. Sauf à imaginer une société apolitique dont rêvent certains mais au risque de perte de libertés fondamentales, il est important de comprendre notre culture politique. C’est vrai aussi de la part de politiques plutôt de droite en l’occurrence qui ne semblent pas comprendre le profond réflexe d’unité de la gauche.</p>
<blockquote><p>Il y a comme un aveuglement qui aura l’inconvénient de retarder la nécessaire transition vers un gouvernement de service.</p></blockquote>
<p>Par ailleurs ces postures « anti » ont naturellement la pertinence de défendre de vraies valeurs selon l’appartenance politique. Mais il est important de rappeler que notre bureaucratie et les gouvernants successifs avec leurs idéologies respectives qui l’auront trop écoutée, ont une responsabilité importante dans le désordre actuel.</p>
<p>La liste est longue de nos échecs dus essentiellement à un état d’esprit systématique : la retraite à 60 ans qui est pourtant partie de l’idée de Jacques Delors de traiter le problème de ceux qui ont commencé à travailler tôt – déjà ! – ; les 35 heures à l’hôpital ; le <em>numerus clausus</em> ; la réduction drastique des effectifs de la fonction publique au temps de la RGPP <a href="https://www.revuepolitique.fr/et-maintenant-se-galvauder-de-mots-dans-linertie-ou-gouverner-dans-linteret-general/#_ftn1" name="_ftnref1">[1]</a>; les péripéties du couple déconcentration / décentralisation ; le millefeuille territorial qui devient un crumble ; etc.</p>
<p>Le résultat est pathétique : un déficit public inadmissible lié à une paupérisation de services publics désorganisés et parfois inefficaces. Nous sommes nombreux à l’avoir dit depuis 20/30 ans mais les « gilets jaunes » et la pandémie auront été, avec la montée des extrêmes, un accélérateur de la crise en même temps que sa révélation.</p>
<p>Le déni de la question sociale, de la prospective sociale, des innovations sociales, celui de l’écologie comme celui de l’absence d’intégration des étrangers ou de la dénatalité, sans oublier les inégalités, l’insécurité, et l’ignorance liée à un système éducatif défaillant, sont directement la conséquence de cette impuissance publique. C’est exactement le règne de la Quantité au détriment de la qualité ou comme le dit magnifiquement Alain Supiot, <em>la gouvernance par les nombres <a href="https://www.revuepolitique.fr/et-maintenant-se-galvauder-de-mots-dans-linertie-ou-gouverner-dans-linteret-general/#_ftn2" name="_ftnref2"><strong>[2]</strong></a></em>. C’est encore la prédominance de l’indispensable gestion sur la stratégie, elle, essentielle !</p>
<p><strong>A l’opposé d’un gouvernement provisoire comme certains l’affublent déjà ou d’un gouvernement de transition qui n’est en rien signifiant, formons un <em>gouvernement de service</em> comme le nomme magnifiquement pour la Grande-Bretagne Keir Starmer le nouveau Premier ministre britannique. Dans le cas de la France telle qu’aujourd’hui elle est, ce nouveau gouvernement peut-il répondre à ces défis ? Non !</strong></p>
<blockquote><p><strong>Mais paradoxalement il le doit, il nous le doit ! </strong><strong>C’est l’intérêt général !</strong></p></blockquote>
<p>Comment faire émerger une alternative politique enfin basée sur l’initiative et la négociation ? Nous sommes un pays fort de mille compétences, de mille capacités et plein d’hommes et de femmes d’énergie auxquels il est possible de faire appel dès lors que les pouvoirs cessent d’être hautains et solitaires. Mobilisons-les d’où qu’ils viennent.</p>
<p>Soyons par ailleurs lucides, cette tentation autoritaire et égotiste de verticalité n’existe pas exclusivement qu’au sommet ; elle est inhérente à une partie de notre culture, elle est fractale. N’avons-nous pas des traits autoritaires jusqu’à et y compris dans notre droit des entreprises dont certains pans datent du régime de Vichy ? La réforme de l’entreprise voulue par le Président Giscard d’Estaing en 1974 aura échoué du fait des deux conservatismes, syndical et patronal. Nous sommes très loin de l’esprit de la cogestion à l’allemande qui privilégie une culture de la négociation plutôt que de la grève, tandis que notre décentralisation territoriale est sous contrôle des administrations centrales des ministères qui ne veulent pas savoir ce que signifie une <em>société de confiance</em>.</p>
<p>Tant que l’on n’aura pas extirpé ces entraves dans notre culture politique et managériale, tant que nous n’aurons pas profondément changé l’école, la culture, dont Churchill disait que c’était pour quoi nous nous battions lors de la deuxième guerre mondiale, nous demeurerons enfermés dans ces pathologies qui constituent de véritables freins à notre développement économique et social et qui nuisent à notre génie national.</p>
<blockquote><p>Alors que peut-on faire avec un nouveau gouvernement ? Paradoxalement tout !</p></blockquote>
<p>Car il est constitué d’une coalition imprévisible et peut par conséquent dans un instant politique dense comme éphémère, basculer dans l’impossible pour le rendre possible. Il a une œuvre à réaliser, une ligne directrice à établir <a href="https://www.revuepolitique.fr/et-maintenant-se-galvauder-de-mots-dans-linertie-ou-gouverner-dans-linteret-general/#_ftn3" name="_ftnref3">[3]</a>.</p>
<p>Il peut dissoudre les frontières disciplinaires, construire des ponts et des passerelles, créer des espaces de dialogue, faciliter les échanges et rendre compatibles des politiques publiques qui jusqu’ici s’avéraient contradictoires, détruire nos fausses représentations de la réalité, favoriser l’aménité, faire reculer les incompréhensions, lancer des pistes.</p>
<blockquote><p>Si la France gagne il n’y a plus de perdants !</p></blockquote>
<h3><strong>Agir avec un nouvel état d’esprit !</strong></h3>
<ul>
<li>
<h4><strong>Lancer des projets de long terme</strong></h4>
</li>
</ul>
<p>Une réforme systémique de la retraite étalée sur 15 ans ce qui suppose de suspendre ou d’aménager la dernière réforme qui bloque ; Une refondation de la culture, de l’éducation et de la recherche car la tâche est immense autant qu’indispensable ; Une modernisation du secteur de la santé qui répond à une nécessité absolue ; Une politique de la sécurité et de la défense qui va de soi ;</p>
<blockquote><p>Ouvrir d’urgence un ensemble de débats sur les grandes options en matière de Relations Internationales.</p></blockquote>
<p>Une harmonisation du droit social (droit du travail et droit de la sécurité sociale) et du droit des affaires européen qui est un angle mort de nos débats ;</p>
<blockquote><p>Une modernisation du dialogue social couplée à une révolution managériale, les deux étant les moteurs du changement.</p></blockquote>
<ul>
<li>
<h4><strong>Réparer les injustices</strong></h4>
</li>
</ul>
<p>Une politique des revenus audacieuse : le salaire doit payer sans abimer l’entreprise ;</p>
<p>Une politique du logement imaginative ;</p>
<p>Conforter le modèle social en le rénovant ;</p>
<p>Une fiscalité plus juste et économiquement efficace ;</p>
<p>Une réforme de la justice avec des moyens humains décuplés ;</p>
<p>Une mobilité durable et d’égal accès dans nos territoires.</p>
<ul>
<li>
<h4><strong>Structurer notre gouvernance</strong></h4>
</li>
</ul>
<p>Ne plus hésiter entre État unitaire et État fédéral : accroître la décentralisation en autonomisant financièrement les collectivités territoriales, en appliquant le principe de subsidiarité et la notion d’<em>État à la demande </em>en inscrivant les départements dans la structure régionale et en créant un Conseil des régions auprès du Premier ministre.</p>
<blockquote><p>Renforcer les capacités stratégiques des administrations centrales en supprimant nombre d’opérateurs comme en réduisant le nombre de ministères.Transformer en profondeur la formation et le management des agents publics. Rénover la gouvernance publique !</p></blockquote>
<ul>
<li>
<h4><strong>Consolider notre économie et nos finances publiques</strong></h4>
</li>
</ul>
<p>La dette des administrations publiques au sens de Maastricht, soit la dette brute consolidée en valeur nominale, augmente de 147,6 Md€ en 2023 pour s’établir à 3 101,2 Md€. Exprimée en pourcentage du PIB, la dette publique diminue, à 110,6 % après 111,9 % fin 2022 et 113,0 % fin 2021. Le besoin de financement des APU est principalement financé par une hausse de son endettement, mais aussi par une diminution de sa trésorerie (-44,4 Md€). Ainsi, la dette publique nette s’accroît plus que la dette brute, de 187,4 Md€, et s’établit à 102,4 % du PIB. Le déficit public pour 2023 s’établit à 154,0 Md€, soit 5,5 % du produit intérieur brut (PIB), après 4,8 % en 2022 et 6,6 % en 2021 <a href="https://www.revuepolitique.fr/et-maintenant-se-galvauder-de-mots-dans-linertie-ou-gouverner-dans-linteret-general/#_ftn4" name="_ftnref4">[4]</a>. Sans oublier de compléter par le fait que les engagements hors bilan s’élèvent à environ 4500 milliards d’€ !<a href="https://www.revuepolitique.fr/et-maintenant-se-galvauder-de-mots-dans-linertie-ou-gouverner-dans-linteret-general/#_ftn5" name="_ftnref5">[5]</a></p>
<blockquote><p>Ne plus demeurer à un endettement public au niveau de 5% du PIB et réduire drastiquement le déficit budgétaire.</p></blockquote>
<p>Invraisemblable de maintenir nos déficits commerciaux car d’une manière générale si des déficits commerciaux perdurent, les actifs d’un pays finissent toujours par être détenus par des investisseurs étrangers. Or en 2023 il s’élève à 106 Milliards.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><img fetchpriority="high" decoding="async" class="alignnone wp-image-33374 size-full" src="https://www.revuepolitique.fr/wp-content/uploads/2024/07/Image1.png" sizes="(max-width: 453px) 100vw, 453px" srcset="https://www.revuepolitique.fr/wp-content/uploads/2024/07/Image1.png 453w, https://www.revuepolitique.fr/wp-content/uploads/2024/07/Image1-230x87.png 230w, https://www.revuepolitique.fr/wp-content/uploads/2024/07/Image1-300x114.png 300w" alt="" width="453" height="172" data-pin-no-hover="true" /></p>
<p>Au demeurant le financement des déficits commerciaux peut entraîner des effets d’éviction au détriment des investissements privés des entreprises. Au demeurant il est autofinancé par la monnaie unique.</p>
<p>Or il n’est que plus jamais nécessaire d’investir pour l’économie verte et le développement durable incluant le numérique et l’IA plutôt que subir des pertes tendancielles de leur part de marché et donc une hausse du chômage pour notre pays.</p>
<p>Remettre de l’ordre dans la politique de l’emploi : Il existe des observations incontournables : par exemple le fait que 2/3 des ingénieurs formés ne prennent pas des emplois d’ingénieur auquel s’ajoutent le chômage structurel, l’inactivité des seniors, la question de l’attractivité des emplois pour les jeunes ainsi que les carences de la formation professionnelle. On citera en outre des dysfonctionnements dans les dispositifs de recrutement de <em>Pôle emploi</em> désormais <em>France Travail,</em> les échecs scolaires dans la formation initiale, le gaspillage d’une partie de notre jeunesse notamment dans nos banlieues ; tout ceci additionné génère une population active potentielle manifestement sous utilisée. Le Premier ministre lui-même s’est indigné à juste titre du nombre élevé des plus accidents du travail le plus élevé d’Europe, on y adjoindra la mauvaise qualité du management qui produit une perte d’engagement, et de sens. Cette mauvaise qualité soulignée implicitement est traduit par un absentéisme patent et qui l’était déjà avant la pandémie du COVID.</p>
<h3><strong>Un effort sur la qualité de la dépense publique est indispensable </strong></h3>
<p>En 2007 le gouvernement lança la révision générale des politiques publiques (RGPP) dont l’idée primordiale était pertinente mais l’application dévoyée de son objectif initial. On observa alors les réflexes traditionnels de notre culture politique et administrative de la réduction systématique des coûts. Dans ce schéma de pensée tout est considéré comme un centre de coût et rien pour un centre de croissance. À l’extrême de ce raisonnement un budget à zéro euro serait idéal.</p>
<p>En dépit de ses limites conceptuelles comme pratiques le distinguo entre dépenses de fonctionnement et dépenses d’investissement permet de cerner quelques éléments d’analyse :</p>
<ul>
<li>Les dépenses d’investissement sont insuffisantes et elles sont de beaucoup l’apanage du budget des collectivités territoriales que du budget de l’État.</li>
<li>Les dépenses d’investissement immatériel sont à tort écartées du champ d’application. Elles sont de fait trop peu prises en considération.</li>
<li>Les dépenses de fonctionnement elles-mêmes sont une zone mal définie et mal maîtrisée</li>
<li>Les dépenses dites d’intervention sont largement les conséquences nécessaires d’un dysfonctionnement de l’économie et de la politique des revenus</li>
<li>Les dépenses fiscales sont trop souvent des manques de recettes au regard de niches parfois contestables auxquelles on peut ajouter sans les confondre l’évasion et la fraude fiscale.</li>
</ul>
<h3><strong>Serait-il alors impossible de dégager quelques principes clairs ?</strong></h3>
<p>D’abord la politique des revenus dépend d’une nouvelle économie qui structurellement écrase aujourd’hui les classes moyennes notamment parce que la nature du travail se modifie en réduisant le nombre d’emplois dits qualifiés. Mais en revanche si le nombre d’emplois dits « non qualifiés » augmente leur nécessité sociale est là en même temps que leur faible reconnaissance. Les travailleurs de la première ligne dont on a dit tant de bien aux temps du COVID sont de nouveau les grands oubliés ! Si leur productivité est réduite leur production effective est indispensable au système économique et social. Cette situation inhérente à l’état de l’appareil de production tend à accroître les inégalités salariales et à favoriser la concentration des très hauts revenus.</p>
<p>La question est alors de mettre en place ou d’imaginer des systèmes compensatoires (subventions, revenus sociaux, impôts négatifs, monnaie hélicoptère, etc.) qui vont compléter les revenus primaires incontestablement insuffisant. Cette socialisation des pertes de salaire explique largement le poids des dépenses sociales et d’intervention.</p>
<p>Soutenir une politique de l’offre tout en en ciblant des mesures sociales exceptionnelles sur les bas revenus et les travailleurs pauvres et en formant les travailleurs notamment les demandeurs d’emplois s’impose donc.</p>
<h3><strong>Un perfectionnement de la gouvernance financière et budgétaire est nécessaire.</strong></h3>
<p>Ne pas grever les entreprises de nouveaux impôts ou d’une augmentation des impôts ; ce ne serait pas de bonne politique à l’heure où des mutations considérables doivent être accomplies. La profitabilité des entreprises demeure une nécessité stratégique.</p>
<p>Si l’impôt sur le revenu des personnes physiques dont celui sur le revenu du capital doivent être manié avec parcimonie, il paraît logique de mieux l’utiliser, non seulement ici, pour des questions de justice sociale mais évidemment pour dégager de nouvelles recettes.</p>
<p>L’imposition des patrimoines est certainement à aménager mais il faut privilégier le revenu des patrimoines, donc plutôt taxer les flux que les stocks. Ou bien alors on rentre dans un autre type d’organisation sociale, voire de spoliation.</p>
<blockquote><p>Il faut poursuivre à bon rythme la suppression des impôts de production. Ajuster la TVA si nécessaire en compatibilité avec les règles européennes.</p></blockquote>
<p>Pour le reste un plan de 10 ans est plausible pour résorber le déficit de l’État et réduire la dette à 1/3 de son montant actuel soit à 935 Mds.</p>
<p>Ce qui équivaut à réduire la dette de 75 points de PIB (en 10 ans soir 7,5 points par an. Le produit intérieur brut (PIB) a progressé en moyenne de 0,2% d’un trimestre sur l’autre après 0,3% (révisé de +0,1%) au quatrième trimestre 2023. Pour l’ensemble de 2023, il s’élève à 2805,7 Mds d’€ en valeur. La croissance de l’économie française ressort à 1,1% au lieu de 0,9% annoncé précédemment. 1870 milliards en 25 ans soit en nominal une réduction approximative de 74,8 milliards par an <a href="https://www.revuepolitique.fr/et-maintenant-se-galvauder-de-mots-dans-linertie-ou-gouverner-dans-linteret-general/#_ftn6" name="_ftnref6">[6]</a>.</p>
<p>La suppression du déficit de l’État dès 2025, soit une réduction des dépenses de 154 milliards (valeur 2023) ou une augmentation des recettes d’autant. Naturellement un mix des deux s’impose.</p>
<p>Hors augmentation des recettes, il faudrait donc réduire le budget de l’État de 228 Mds d’€ (74,8 + 154 = 228 Mds).  Impossible ! Ce qui signifie qu’il faudra raisonnablement 5 ans pour réduire le déficit de l’État soit 74,8 + 30,8 = 105,6 montant correspondant à l’économie nécessaire à budget constant (dépenses et recettes). Soit 684 -105 = 534 !</p>
<p><img decoding="async" class="alignnone wp-image-33377 " src="https://www.revuepolitique.fr/wp-content/uploads/2024/07/Capture-decran-2024-07-11-150608.png" sizes="(max-width: 634px) 100vw, 634px" srcset="https://www.revuepolitique.fr/wp-content/uploads/2024/07/Capture-decran-2024-07-11-150608.png 841w, https://www.revuepolitique.fr/wp-content/uploads/2024/07/Capture-decran-2024-07-11-150608-230x108.png 230w, https://www.revuepolitique.fr/wp-content/uploads/2024/07/Capture-decran-2024-07-11-150608-640x301.png 640w, https://www.revuepolitique.fr/wp-content/uploads/2024/07/Capture-decran-2024-07-11-150608-768x361.png 768w, https://www.revuepolitique.fr/wp-content/uploads/2024/07/Capture-decran-2024-07-11-150608-300x141.png 300w, https://www.revuepolitique.fr/wp-content/uploads/2024/07/Capture-decran-2024-07-11-150608-500x235.png 500w, https://www.revuepolitique.fr/wp-content/uploads/2024/07/Capture-decran-2024-07-11-150608-750x352.png 750w" alt="" width="634" height="298" data-pin-no-hover="true" /></p>
<p>Un mix entre réduction des dépenses et augmentation des recettes, disons 50/50 serait envisageable ce qui reviendrait à trouver 50 milliards de recettes supplémentaires et d’effectuer 50 milliards d’économies (soit 6,4% du budget 2023) en 2025.</p>
<p>Dans cette hypothèse il n’est pas question d’affecter une part du produit de l’emprunt obligatoire à cette opération désendettement puisqu’il s’agit de financer exclusivement les investissements d’avenir (Voir <em>infra</em>).</p>
<blockquote><p>Créer enfin une véritable comptabilité analytique de l’État et une comptabilité patrimoniale.</p></blockquote>
<p>Lancer un emprunt obligatoire dont le produit sera géré par la caisse de la dette publique avec trois priorités : investir dans l’avenir pour le développement durable, la recherche et la formation la réindustrialisation (relocalisation)et réduire de 50% la part des créanciers étrangers <em>inflation réduction act </em>dépenses de R&amp;D <a href="https://www.revuepolitique.fr/et-maintenant-se-galvauder-de-mots-dans-linertie-ou-gouverner-dans-linteret-general/#_ftn7" name="_ftnref7">[7]</a>.</p>
<p>Bâtir des budgets de fonctionnement en équilibre (règle d’or) et corrélativement faire un plan de suppression des dépenses redondantes ou inutiles.</p>
<blockquote><p>Grossir la part relative des dépenses d’investissement et alléger et simplifier les charges fiscales de entreprises : supprimer les taxes à la production et restructurer l’impôt sur les sociétés en tranches d’imposition selon un dispositif progressif.</p></blockquote>
<p>Investir massivement dans les nouvelles technologies et réduire le recours aux énergies fossiles.Changer résolument de méthode pour simplifier la vie des entreprises et des particuliers.Réformer l’entreprise : appliquer la cogestion ; créer un nouveau statut d’entreprise développer l’actionnariat.</p>
<p><strong>En conclusion,</strong> il convient de se désendetter, d’investir, de partager le pouvoir et la valeur dans l’entreprise et de décentraliser. Ceci sur la base d’une crédibilité et de réformes d’un programme d’un gouvernement de composition adaptée. Avec le retour à une vie parlementaire compatible avec des principes républicains.</p>
<p>Il est tout à fait nécessaire de gouverner autrement au risque d’un rejet complet de la classe politique et d’une impuissance publique qui durerait longtemps. Préférons l’utopie aux tristes dystopies qui nous menacent.</p>
<p><strong>Francis Massé,</strong></p>
<p><strong>Président de MDN Consultants</strong></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><a href="https://www.revuepolitique.fr/et-maintenant-se-galvauder-de-mots-dans-linertie-ou-gouverner-dans-linteret-general/#_ftnref1" name="_ftn1">[1]</a> Révision générale des politiques publiques.</p>
<p><a href="https://www.revuepolitique.fr/et-maintenant-se-galvauder-de-mots-dans-linertie-ou-gouverner-dans-linteret-general/#_ftnref2" name="_ftn2">[2]</a> Alain Supiot, <em>La gouvernance par les nombres</em>, Fayard, 2020</p>
<p><a href="https://www.revuepolitique.fr/et-maintenant-se-galvauder-de-mots-dans-linertie-ou-gouverner-dans-linteret-general/#_ftnref3" name="_ftn3">[3]</a>Maurice Hauriou, <em>La théorie de l’institution et de la fondation.</em> Aux sources du droit. Le pouvoir, l’ordre et la liberté. Paris, Bloud &amp; Gay, 1933. Le point nodal de la réflexion d’Hauriou est l’« idée d’œuvre à réaliser », ou «idée directrice de l’entreprise », qu’il ne définit nulle part, mais qu’il illustre plutôt, et d’abord par ce qu’elle n’est pas : ni un simple but, parce qu’elle ne reste pas extérieure à l’œuvre, ni une simple fonction, parce qu’elle garde toujours une part d’indétermination. Intérieure à l’œuvre elle-même, l’idée directrice conserve une part d’indéterminé et de virtuel, qui lui permet d’inventer de nouvelles procédures, de nouvelles organisations et de modifier des statuts. Elle est donc un peu comme le ressort intérieur de l’institution, le projet qui l’anime, ou encore son objet, à condition de le comprendre non pas comme un objectif déterminé, qu’il faudrait réaliser, mais bien comme un indéterminé, qui échappe toujours aux déterminations à l’œuvre dans l’institution sans pourtant lui être extérieur. L’idée directrice conserve toujours sa vitalité, elle reste stimulante et constitue ainsi un défi continuel pour l’institution, obligée par elle à toujours se réinventer. Cette réserve d’indétermination refait sur­face chaque fois que le droit cherche à enfermer l’institution dans une fonction spécialisée.</p>
<p><a href="https://www.revuepolitique.fr/et-maintenant-se-galvauder-de-mots-dans-linertie-ou-gouverner-dans-linteret-general/#_ftnref4" name="_ftn4">[4]</a> Source Ministère de l’économie et des finances.</p>
<p><a href="https://www.revuepolitique.fr/et-maintenant-se-galvauder-de-mots-dans-linertie-ou-gouverner-dans-linteret-general/#_ftnref5" name="_ftn5">[5]</a> Source Jean-Yves archer, économiste</p>
<p><a href="https://www.revuepolitique.fr/et-maintenant-se-galvauder-de-mots-dans-linertie-ou-gouverner-dans-linteret-general/#_ftnref6" name="_ftn6">[6]</a> Pour les instances européennes, l’objectif est de stabiliser l’endettement à 2027 en ramenant le déficit au-dessous de 3% du PIB à cette date. Cela représente environ 120 milliards d’économie et /ou de recettes supplémentaires. Dans cette affaire ce qui compte ce ne sont pas les niveaux mais la convergence avec nos partenaires. Pour consolider l’euro.</p>
<p><a href="https://www.revuepolitique.fr/et-maintenant-se-galvauder-de-mots-dans-linertie-ou-gouverner-dans-linteret-general/#_ftnref7" name="_ftn7">[7]</a> Pourquoi ne pas opter pour un emprunt forcé et viser à une levée d’emprunt entre 50 et 75% du surplus d’épargne soit un montant entre 80 et 120 mds d’€. Cf Chronique XII in Francis Massé Aviver son souffle, Les impliqués Éditeur, 2024. En 1983 Pierre Mauroy et en 1993 Edouard Balladur ont recouru à ce type d’emprunt.</p>
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<p>L’article <a href="https://www.mdn-consultants.eu/et-maintenant-se-galvauder-de-mots-dans-linertie-ou-gouverner-dans-linteret-general/">Et maintenant ? Se galvauder de mots dans l’inertie ou gouverner dans l’intérêt général ?</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.mdn-consultants.eu">MDN Consultants - Francis Massé</a>.</p>
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		<title>Transport aérien, intermodalité et mobilité</title>
		<link>https://www.mdn-consultants.eu/transport-aerien-intermodalite-et-mobilite/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Francis Massé]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 15 Feb 2024 14:13:32 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Blog]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.mdn-consultants.eu/?p=2724</guid>

					<description><![CDATA[<p>Moi aussi, j’aurai le goût superbe de l’aventure scientifique. L’aventure dans le fait, l’hypothèse dans l’idée, voilà les deux grands procédés de découverte. Certes l’avenir est à la navigation aérienne, et le devoir du présent est de travailler à l’avenir. Ce devoir, vous l’accomplissez. Moi solitaire mais attentif, je vous suis des yeux et je [&#8230;]</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Moi aussi, j’aurai le goût superbe de l’aventure scientifique. L’aventure dans le fait, l’hypothèse dans l’idée, voilà les deux grands procédés de découverte. Certes l’avenir est à la navigation aérienne, et le devoir du présent est de travailler à l’avenir. Ce devoir, vous l’accomplissez. Moi solitaire mais attentif, je vous suis des yeux et je vous crie : Courage !</strong></p>
<div class="page" title="Page 1">
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<div class="column">
<p><strong>Victor Hugo</strong><br />
<strong>Lettre à l’aéronaute Gaston Tissandier (1869)</strong></p>
</div>
</div>
</div>
<p><span id="more-2724"></span></p>
<div class="page" title="Page 1">
<div class="layoutArea">
<div class="column">
<p>L’étrange agressivité qui se manifeste contre l’aviation méconnait sa fonction véritable d’être l’un des chaînons indispensables à une mobilité durable.</p>
<p>Le transport en général est un secteur d’activité essentiel et spécifique ; il a un rôle économique majeur puisqu’il contribue à la fixation des prix des marchandises. Tout vendeur doit tenir compte pour calculer le prix de vente du coût d’acheminement de la marchandise sur le lieu où sont les clients intermédiaires et finaux. La détermination de la valeur étant en lien direct avec l’accessibilité du produit.</p>
<p>Le raisonnement s’applique aussi aux personnes ; même si le vendeur, le négociateur ou le financier peuvent agir à distance par différents moyens de communication, ils doivent aussi pouvoir à des instants clés se trouver auprès du client ou du prospect pour obtenir le déclenchement d’un acte d’achat ou la signature d’un contrat. Des ingénieurs, des techniciens, des ouvriers ou des managers doivent pouvoir se déplacer parfois à brefs délais pour être sur le lieu où ils sont nécessaires. Il en est de même pour des scientifiques ou des chercheurs car la science est universelle et internationale. Les chefs d’entreprise sont eux aussi sans cesse confrontés à des déplacements indispensables pour établir en direct des relations de confiance.</p>
<p>Par ailleurs dans la vie sociale familiale ou personnelle, pour s’ouvrir aussi à la diversité des cultures, à la découverte du monde, les déplacements des personnes physiques est éminemment essentiel et vectorisés par les différents modes de transport.</p>
<div class="page" title="Page 2">
<div class="layoutArea">
<div class="column">
<blockquote>
<h3>Pour poursuivre ces éléments introductifs il est nécessaire de rappeler que la mobilité est un droit et ressortit de la liberté d’aller et venir de la liberté d’entreprendre et du commerce.</h3>
</blockquote>
<p>Le droit à la mobilité est un « droit des droits » en quelque sorte. C’est un droit constitutionnel. L’aspiration à la liberté de circulation continue à gagner du terrain dans un monde où la libre circulation des marchandises, des capitaux, des idées et des images fait partie des réalités quotidiennes <sup class="footnote"><a id="fnref-31190-1" href="https://www.revuepolitique.fr/transport-aerien-intermodalite-et-mobilite/#fn-31190-1">1</a></sup>.</p>
<p>Enfin cette fonctionnalité que représente le transport est en soi autonome et indispensable. Ceci indépendamment du fait que l’activité de transport est concernée par les nuisances qu’elle engendre et auxquelles elle doit mettre fin dès que possible. Si le transport en France est la principale source d’émissions de gaz à effet de serre (39% des émissions totales), le transport aérien en représente 1,5% mais 6,8% après réintégration des soutes internationales, c’est- à-dire des consommations des avions assurant des liaisons internationales <sup class="footnote"><a id="fnref-31190-2" href="https://www.revuepolitique.fr/transport-aerien-intermodalite-et-mobilite/#fn-31190-2">2</a></sup>.</p>
<p>Ces préalables sont importants à rapporter puisque des courants d’idées interpellent légitimement le type de <em>société désirable</em> que l’on appelle de nos vœux : une activité économique qui respecterait l’environnement eu égard au changement climatique et à la perte de la biodiversité, un droit social bâti dans l’intérêt des travailleurs, de leur santé et de leur satisfaction professionnelle, une société plus amène, moins inégalitaire et aux rythmes de vie plus humanisés et plus lents. Ces débats sont fondamentalement <em>politiques</em> et ils ont à voir avec le social et le culturel. Ils sont naturellement conflictuels et inhérents à notre vie démocratique. Ce qui appelle à une évaluation régulière de l’action publique dans ce domaine <sup class="footnote"><a id="fnref-31190-3" href="https://www.revuepolitique.fr/transport-aerien-intermodalite-et-mobilite/#fn-31190-3">3</a></sup>.</p>
<blockquote>
<h3>De ces multiples points de vue, l’avion est le parfait bouc-émissaire.</h3>
</blockquote>
<p>Il représente « l’avion des riches », notamment l’aviation d’affaires, <em>fer de lance</em> de la vie économique, mais critiquée à outrance ; il pollue en provoquant des nuisances sonores ou en altérant la qualité de l’air, il participe d’un tourisme trop souvent désastreux pour l’environnement (le tourisme est aussi vital pour de nombreuses populations qui n’ont aucune autre source de richesse et de ressources), il constitue un facteur d’accélération parfois critiquée de la vie économique et sociale, il représente un symbole de la globalisation, de la « jet société » et du gouvernement mondial par une « caste apatride ».</p>
<blockquote>
<h3>Il n’est pas niable que le transport aérien doit prendre toute sa part de responsabilité dans l’altération de notre environnement mais il n’est pas moins vrai que des solutions robustes sont possibles grâce notamment à notre effort d’innovation.</h3>
</blockquote>
<div class="page" title="Page 3">
<div class="layoutArea">
<div class="column">
<p>Toutefois l’avion participe contre son plein gré mais incontestablement aux yeux de certains, de ces symboles négatifs et en fait donc l’ennemi public numéro 1.</p>
<p>Il y a donc souvent beaucoup de pusillanimités et de faux semblants à désigner quasi exclusivement à la vindicte publique ce secteur économique éminemment stratégique. Mais ce sont, répétons-le, des controverses nécessaires dont il faut tenir compte pour progresser.</p>
<p>Pour sortir de ces blocages il nous faudrait modifier en profondeur des facteurs endogènes et des facteurs exogènes au monde des transports.</p>
<p><span style="text-decoration: underline;">Les facteurs endogènes</span></p>
<p>Le transport aérien est le mode de transport le plus jeune : 1890 ou 1903, soit 134 ans ou 121 ans, selon que l’on considère comme point de départ le vol non homologué de Ader ou celui des frères Wright. À moins que ce ne soit le 23 octobre 1906 (118 ans) où Alberto Santos-Dumont réalise le premier vol public d’un avion à Bagatelle près de Paris.</p>
<p>C’est également dans ces années-là 1886/1889 que la première voiture au monde est apparue, un prototype à trois roues de l’allemand Carl Benz tandis que Gottlieb Daimler et Wilhlelm Maybach présentent en 1889, à l’exposition universelle de Paris une automobile à quatre roues, à moteur à essence. La « jamais contente » est le nom de la première voiture électrique à atteindre le 100km/h en 1899.</p>
<p>Pour le train, la première locomotive à vapeur est révélée le 13 février 1804 grâce à l’ingénieur anglais Richard Trevithick, donc il y a 220 ans cette année.</p>
<div class="page" title="Page 4">
<div class="layoutArea">
<div class="column">
<p>Avec le train apparait aussi l’immense construction d’infrastructure à travers le monde.</p>
<p>Quant au transport fluvial, le grand canal de Chine est le plus ancien canal au monde, près de 2500 ans.</p>
<p>Avec les premiers bateaux créés au néolithique <sup class="footnote"><a id="fnref-31190-4" href="https://www.revuepolitique.fr/transport-aerien-intermodalite-et-mobilite/#fn-31190-4">4</a></sup>, le transport maritime est le plus ancien et qu’il s’est naturellement développé depuis le temps des Phéniciens.<br />
Enfin les routes sont naturellement l’infrastructure de transport la plus antique.</p>
<div class="page" title="Page 4">
<div class="layoutArea">
<div class="column">
<blockquote>
<h3>Ces différents modes de transport se sont ajoutés les uns aux autres.</h3>
</blockquote>
<p>Dans les différents territoires, en particulier en France, s’est installé au fil du temps une concurrence modale. Cette concurrence entre les modes a d’ailleurs longtemps concerné le transport public, majoritairement, et cette situation de fait a structuré l’organisation du ministère des transports jusqu’à aujourd’hui. La DGAC <sup class="footnote"><a id="fnref-31190-5" href="https://www.revuepolitique.fr/transport-aerien-intermodalite-et-mobilite/#fn-31190-5">5</a></sup> est assez autonome, de même le secteur maritime ; la direction des transports terrestres désormais la DGITM <sup class="footnote"><a id="fnref-31190-6" href="https://www.revuepolitique.fr/transport-aerien-intermodalite-et-mobilite/#fn-31190-6">6</a></sup> qui inclut le transport ferroviaire (SNCF puis d’autres concurrents européens sous peu), le transport fluvial et le transport routier ont été intégrés longtemps dans l’ancien ministère de l’équipement. Il est vrai que le phénomène urbain a vu s’accumuler d’autres moyens métro, RER, tramway, bus, bicyclettes, trottinettes, motos et mobylettes et autres scooters, téléphériques et la marche !</p>
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<h3>La question est désormais de savoir si notre logique de concurrence modale est adaptée à ce nouveau contexte.</h3>
</blockquote>
<p>Nous pensons qu’il ne l’est plus.</p>
<p>Deux exemples pour illustrer cette séparation culturelle : au début des années 90 aucun grand port maritime français n’était relié au système autoroutier national. L’interconnexion à Roissy aura fait l’objet de blocages et n’aura été décidée que par un accord entre deux hommes, Philippe Rouvillois et Bernard Lathière <sup class="footnote"><a id="fnref-31190-7" href="https://www.revuepolitique.fr/transport-aerien-intermodalite-et-mobilite/#fn-31190-7">7</a></sup> ; c’est d’ailleurs ce dernier qui suggéra ce projet visionnaire à la SNCF devenu opérationnel depuis 1999.</p>
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<div class="column">
<p>Il est vrai qu’il avait été pendant 10 ans le patron du GIE Airbus et qu’à ce titre il pouvait être mieux imprégné d’une cuture internationale que celle plus d’infrastructure du monde aussi bien aéroportuaire que du transport ferré, lui- même plus hexagonal à l’époque.</p>
<p>Quant à la liaison directe entre Roissy et le centre de la capitale, elle aura attendu des dizaines d’années faute d’avoir été conçue en même temps que l’aérogare de Charles de Gaulle, à l’instar du métro qui a relié Heathrow au centre de Londres. Pour Orly qui a pourtant l’infrastructure d’une véritable gare ferroviaire dans son sous-sol, il ne doit qu’au VAL un début de liaison ; mais la ligne 14 sera enfin ouverte en juin 2024.</p>
<p>Le lecteur peut d’ores et déjà comprendre davantage, bien qu’éclairé <em>a priori</em> par le titre de cet article, que c’est de « dernier kilomètre » dont il nous faut parler et de complémentarité modale.</p>
<p>Les aéroports et les avions sont des fenêtres indispensables pour relier au monde nos grandes métropoles mais également de plus petits aéroports – et c’est un avenir probable – permettront à des petits avions de dynamiser les échanges entre les différentes régions européennes, notamment pour les équipes managériales des PME et ETI industrielles.</p>
<p>L’aéromobilité est notre avenir et comme l’évoque souvent Augustin de Romanet, le PDG d’ADP, le transport aérien sera à terme le mode de transport le plus écologique <sup class="footnote"><a id="fnref-31190-8" href="https://www.revuepolitique.fr/transport-aerien-intermodalite-et-mobilite/#fn-31190-8">8</a></sup>.</p>
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<h3>Mais naturellement la France et l’Europe auront encore davantage besoin de réseaux optimisés dans les transports terrestres et dans nos villes.</h3>
</blockquote>
<p><strong>Une planification stratégique s’impose ce qui suppose une vision globale et prospective.</strong> Ceci à la fois pour concevoir des infrastructures futures et aussi pour éviter de détruire ou de réaménager de manière inopérante des infrastructures anciennes qui se révéleraient utiles en les optimisant et les reliant aux nouvelles. Pour illustrer ce point il suffit de se référer à nombre de lignes secondaires de la SNCF détruites dans les années 80 bien qu’économiquement amorties (ce point ne présuppose pas que le train soit un mode de transport du futur ! Par ailleurs les petites lignes ferroviaires transportent parfois très peu de passagers avec des besoins d’entretien très importants et sont probablement assez mauvaises du point de vue environnemental).</p>
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<div class="column">
<p>Il suffit aussi de dénoncer le rétrécissement abusif du réseau des routes départementales et nationales, ce qui aboutit à la thrombose de nos rocades ou périphériques aux heures de pointe <sup class="footnote"><a id="fnref-31190-9" href="https://www.revuepolitique.fr/transport-aerien-intermodalite-et-mobilite/#fn-31190-9">9</a></sup>. Aménagement du territoire et urbanisme ne sauraient être les angles morts de notre sujet !<br />
Dans ce contexte l’aviation a un avenir évident dès lors que l’on conçoit le transport aérien, d’abord comme une poursuite vers l’international d’un réseau de transport adapté aux mobilités de demain, et ensuite comme une possibilité de compléter les circulations dans nos villes et nos campagnes par une aéromobilité au-dessus de 100 ou 150 mètres (taxis volants et autres Vtol <sup class="footnote"><a id="fnref-31190-10" href="https://www.revuepolitique.fr/transport-aerien-intermodalite-et-mobilite/#fn-31190-10">10</a></sup>).</p>
<blockquote>
<h3>Nous n’en avons pas fini avec la dimension aérienne certainement la plus adaptée à un monde mobile agile et propre.</h3>
</blockquote>
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<div class="column">
<p><span style="text-decoration: underline;">Les facteurs exogènes sont tout aussi importants.</span></p>
<p>Pour répondre aux légitimes interrogations, voire aux inquiétudes de la société, la recherche scientifique et technique est au premier rang pour trouver les bonnes solutions en réponse aux exigences environnementales et sociétales.</p>
<p>L’enjeu est aussi d’ordre civilisationnel et politique car il s’agit de savoir dans quel type de société nous voulons vivre demain <sup class="footnote"><a id="fnref-31190-11" href="https://www.revuepolitique.fr/transport-aerien-intermodalite-et-mobilite/#fn-31190-11">11</a></sup>. C’est là que nous devrions nous appuyer d’autres logiques.</p>
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<div class="column">
<p>Nous voyons au moins deux raisons de nous séparer de certaines rigidités mentales et du principe poussé jusqu’à l’extrême de compétition intermodale chère trop souvent à la classe politique et aux administrations.</p>
<p>D’abord de mieux répondre aux citoyens et passagers qui comme évoqué supra ont une exigence du « dernier kilomètre ».</p>
<p>Ensuite car on l’observe déjà, cette hyper concurrence se déplace sur le terrain de l’écologie et des technologies et procédés pour décarboniser les transports. L’exemple du SAF est patent <sup class="footnote"><a id="fnref-31190-12" href="https://www.revuepolitique.fr/transport-aerien-intermodalite-et-mobilite/#fn-31190-12">12</a></sup>.</p>
<p>L’excès de zèle dans les communications commerciales pour s’approprier la meilleure image de « transport le plus écologique » est néfaste et souvent trompeur. Il est en outre dangereux car il entretient au sein des entreprises et organisations un mental collectif peu propice à l’esprit de coopération <sup class="footnote"><a id="fnref-31190-13" href="https://www.revuepolitique.fr/transport-aerien-intermodalite-et-mobilite/#fn-31190-13">13</a></sup>.</p>
<p>Le marché concurrentiel, lui, est nécessaire pour permettre des ajustements en fonction de la demande mais la coopération devrait primer pour s’adapter aux clients. L’exemple du Paris-Bordeaux est révélateur d’une erreur de raisonnement.</p>
<p>D’abord les calculs précis montrent que le gain écologique est quasi nul.</p>
<p>Ensuite il altère la vie professionnelle et l’agilité des industriels dans leur mobilité hebdomadaire. Un A350 consomme 2,5 litres aux 100 km par passagers et a très peu de coût d’infrastructure. Le train est très coûteux en infrastructures ; même si elles sont anciennes il faut les entretenir avec de l’acier et du béton.</p>
<blockquote>
<h3>Si le train fonctionne au diesel il est très mauvais énergétiquement. S’il est électrique, il est bon quand l’électricité est décarbonée ce qui est principalement le cas en France.</h3>
</blockquote>
<p>Si l’on souhaite de la concurrence positive, ouvrons le sillon LGV à d’autres opérateurs ferroviaire européen comme ce sera bientôt le cas sur Lyon. Quid de la liaison Bordeaux Lyon ou Marseille Bordeaux ? Dans l’aérien, la vraie compétition existe entre nombre de compagnies aériennes.</p>
<p>Les apparents gains politiques de court terme d’aujourd’hui sont vraisemblablement des déconvenues politiques pour demain lorsque les citoyens seront confrontés aux vraies difficultés, conséquences de notre manque d’anticipation.</p>
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<div class="column">
<p>Les acteurs aériens sont pratiquement tous convaincus que l’avion vert et sûr est un objectif incontournable. Nous devons pousser ces acteurs à procéder à une réduction majeure et rapide des émissions polluantes et des facteurs de risque de perte de la biodiversité.</p>
<p>Pourquoi ne pas raisonner par étape tout secteur d’activité confondu, transport et autres activités économiques et humaines, en commençant par ce qui est possible tout de suite, puis à court, moyen et long terme ?</p>
<p>Nous serions ainsi plus efficaces et éviterions des culpabilisations inutiles pour construire collectivement une société meilleure et apaisée.</p>
<p><strong>Francis Massé<br />
</strong><strong>Président de MDN Consultants</strong></p>
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<div id="footnotes-31190" class="footnotes">
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<li id="fn-31190-1">Le droit à la mobilité s’oppose naturellement aux droits des États de choisir librement les étrangers autorisés à résider sur leur territoire. Cf. Frédéric Tiberghien, Le droit à la mobilité in Migrations Société 10091 N°121. <span class="footnotereverse"><a href="https://www.revuepolitique.fr/transport-aerien-intermodalite-et-mobilite/#fnref-31190-1"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" /></a></span></li>
<li id="fn-31190-2">Source Tarmaac pour 2019. Il est néanmoins très douteux d’attribuer à la France le coût énergétique de tout le transport. On ne le fait pas pour les transports routiers ou ferroviaires. <span class="footnotereverse"><a href="https://www.revuepolitique.fr/transport-aerien-intermodalite-et-mobilite/#fnref-31190-2"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" /></a></span></li>
<li id="fn-31190-3">https://www.revuepolitique.fr/parlement-evaluation-de-laction-publique-et-efficacite-de-ladministration/ <span class="footnotereverse"><a href="https://www.revuepolitique.fr/transport-aerien-intermodalite-et-mobilite/#fnref-31190-3"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" /></a></span></li>
<li id="fn-31190-4">On a découvert un très ancien navire vieux de 5000 en Égypte ; la pirogue de Pesse aux Pays Bas, découverte en 1950, a été fabriquée au début de la période mésolityque vers 6315 av.J.C.. <span class="footnotereverse"><a href="https://www.revuepolitique.fr/transport-aerien-intermodalite-et-mobilite/#fnref-31190-4"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" /></a></span></li>
<li id="fn-31190-5">Direction générale de l’aviation civile. <span class="footnotereverse"><a href="https://www.revuepolitique.fr/transport-aerien-intermodalite-et-mobilite/#fnref-31190-5"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" /></a></span></li>
<li id="fn-31190-6">Direction générale des infrastructures, des transports et des mobilités. <span class="footnotereverse"><a href="https://www.revuepolitique.fr/transport-aerien-intermodalite-et-mobilite/#fnref-31190-6"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" /></a></span></li>
<li id="fn-31190-7">Respectivement président de la SNCF et président d’ADP. <span class="footnotereverse"><a href="https://www.revuepolitique.fr/transport-aerien-intermodalite-et-mobilite/#fnref-31190-7"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" /></a></span></li>
<li id="fn-31190-8">La question de la protection de l’environnement a deux piliers essentiels, la lutte contre le changement climatique et la préservation de la biodiversité. <span class="footnotereverse"><a href="https://www.revuepolitique.fr/transport-aerien-intermodalite-et-mobilite/#fnref-31190-8"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" /></a></span></li>
<li id="fn-31190-9">On peut aussi citer l’abandon du canal Rhin Rhône sous l’influence de certains écologistes qui sont les premiers à regretter le flux des poids lourds. À noter cependant que les trajets de poids lourds de moins de 100 kilomètres représentent près de 90 % du trafic routier de marchandises. Paris est tributaire heureusement de la Seine pour les déchets industriels et autres matières lourdes. <span class="footnotereverse"><a href="https://www.revuepolitique.fr/transport-aerien-intermodalite-et-mobilite/#fnref-31190-9"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" /></a></span></li>
<li id="fn-31190-10">Vertical take-Off and landing : avion à décollage et atterrissage vertical). Mais ce mode de transport sera un moyen très limité et réservé à des personnes riches avec un effet négligeable sur la congestion urbaine. <span class="footnotereverse"><a href="https://www.revuepolitique.fr/transport-aerien-intermodalite-et-mobilite/#fnref-31190-10"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" /></a></span></li>
<li id="fn-31190-11">Lire l’excellent essai de Pierre Veltz, Bifurcations : Réinventer la société industrielle par l’écologie ; Éditions de l’aube, 2022. <span class="footnotereverse"><a href="https://www.revuepolitique.fr/transport-aerien-intermodalite-et-mobilite/#fnref-31190-11"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" /></a></span></li>
<li id="fn-31190-12"><em>Sustainable Aviation fuel</em>. Les divers emplois de la biomasse et la question du bon emploi des terres agricoles est posée. <span class="footnotereverse"><a href="https://www.revuepolitique.fr/transport-aerien-intermodalite-et-mobilite/#fnref-31190-12"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" /></a></span></li>
<li id="fn-31190-13">Francis Massé, <em>La Logotique, Une formation inédite pur décupler la créativité des écosystèmes</em> – Préface de Yannick Assouad et post face de Michel Saloff Coste ; L’Harmattan, 2023. <span class="footnotereverse"><a href="https://www.revuepolitique.fr/transport-aerien-intermodalite-et-mobilite/#fnref-31190-13"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" /></a></span></li>
</ol>
</div>
<p>L’article <a href="https://www.mdn-consultants.eu/transport-aerien-intermodalite-et-mobilite/">Transport aérien, intermodalité et mobilité</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.mdn-consultants.eu">MDN Consultants - Francis Massé</a>.</p>
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