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La liberté de vivre

J’ai relu le texte de la déclaration des droits de l’homme et du citoyen. Le terme vivre n’y existe pas. Cependant il y figure partout. Le premier droit fondamental est nommé liberté. Or y a-t-il liberté autre part que dans la vie ?

Nous sommes dans une période très étrange de l’humanité où, comme l’écrit Jacques Attali, domine l’économie de la mort, à l’opposé de l’économie de la vie. Cette économie de la mort est rattachée à des forces morbides de personnes ou d’intérêts cupides qui ont peur de la vie ou la méprisent et comme effrayés des responsabilités qui sont inhérentes à celle-ci. Alors qu’aujourd’hui le parlement au niveau de l’assemblée nationale débat sur le droit à mourir – quelle expression inappropriée ! – nous sommes sidérés de voir que les représentants de la nation hésitent à voter contre un texte sur la fin de vie fondamentalement liberticide puisqu’il donne le « droit à tuer » n’en déplaise à la ministre qui réfutait devant les députés le fait que l’euthanasie fut un acte létal.

Face à ce choix de civilisation que la France hésite à faire, face au monde, cette hésitation à elle-seule est déjà la cause d’une immense tristesse. Qui sont-ils les vrais promoteurs de cette loi funeste ? N’entendent-ils pas leur lointain prédécesseur proclamer : « je voudrais vous rendre avare du sang français » ; il s’agissait du médecin et élu Jean-Jacques Fockedey le 29 décembre 1792 à la Convention nationale lors du procès du roi. Il fut plus tard guillotiné sous la Terreur.

Plus récemment il faut écouter Marie de Hennezel qui en sait plus que nous sur l’accompagnement du mourant qui est le contraire de la précipitation de la mort.

Cette façon de considérer la fin de la vie individuelle en dit long sur notre manière d’appréhender la vie elle-même et ses différentes et si riches caractéristiques, ses différents niveaux de conscience, ses parcours initiatiques, le sens de la souffrance et la recherche de la Joie intérieure.

Plus largement cette conception faussement progressiste de la fin de vie révèle une certaine disparition de la conscience humaine, elle méprise l’engagement des personnels de santé qui sont en intimité avec leur métier, elle annonce le transhumanisme et profane la vraie pensée politique de gauche comme la pensée libérale originelle. C’est d’ailleurs à un épuisement de toute pensée que se rattache cet acte apolitique, totalitaire et mortifère.

Alors que la mortalité natale s’accroît en France depuis 2012 et nous place en 22 -ème rang sur 34 pays européens, que nos jeunes sont déprimés et désenchantés, que nos vieux sont délaissés et meurent de solitude en pleine canicule, ce nouveau crime s’installe dans un cycle d’abandon, d’avachissement et de désespérance. Pourquoi encore infantiliser, faire peur, renoncer ? Alors que tant de possibles sont là, en France et en Europe ?

Mesdames, Messieurs les députés ressaisissez-vous ! Réveillez-nous ! Relevez la France !